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 Rapports de batailles contés : E vs Sk puis E vs CV.

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Wilhelm Kuffner
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Date d'inscription : 07/08/2015

MessageSujet: Rapports de batailles contés : E vs Sk puis E vs CV.   Mar 1 Déc 2015 - 20:03

Bonjour,
aujourd'hui je vais vous poster mes deux premières parties jouées avec l'Empire. Ceci risque d'être un peu long mais pour ceux qui aiment la lecture, débutons ! Vous pourrez trouver touts les croquis correspondants aux tours à la fin.

Liste des personnages :

Faction Empire (duché de Wien)

-Klaus Dick, soldat
-Wilhem Kuffner, général à retraite, surnommé l’éventreur de géants
-Fulrad, prêtre-guerrier à la retraite
-Franz Khül capitaine de cavalerie
-Herbert Shüts, comte-électeur du duché de Wien

Faction Mort-vivant
-Lenore Shüts, vampire et fille du comte-électeur
-Rénar, nécromancien au service de Lenore
-Ahmôsis, prêtre-liche du royaume de Nehekara au service de Lenore
-Jacquetta, sorcière

Faction Skaven  (homme-rat)
- ParKrit Gratte-le-fer, technomage et général skaven
- Viskis, prophète gris

Klaus était désespéré, coincé à l’étage supérieur d’une tour abandonnée, il ne savait que faire. Le jeune homme portait une moitié d’armure sur lui ce qui ne l’aiderait pas vraiment en cas de problèmes. Depuis près d’une heure, il avait observé le petit jeu de l’ennemi en regardant discrètement par la fenêtre. Des goules sortaient de la lisière de la forêt, venaient jusqu’à la porte d’entrée et piaffaient d’excitation en humant l’air avant de repartir. L’intervalle avait été de plus en plus court entre deux passages. Ces nécrophages s’assuraient qu’il était toujours là, qu’il était bien apeuré face à ce qui l’attendait. Les créatures guettaient jusqu’à l’arrivée leur maître… Il serra fort son amulette dans sa main, priant pour s’en sortir. S’il s’agissait d’un nécromant, la bataille serait ardue mais il pouvait encore s’en sortir.  Les goules seraient une bien plus grande menace au corps-à-corps que le magicien. En son for intérieur, il savait qu’il se leurrait. La nature de ce qui allait lui rendre visite était tout autre…

Comme pour confirmer son mauvais pressentiment un terrible cri déchira le ciel, une longue complainte qui lacérait  les tympans et meurtrissait l’âme, suivi de battements d’ailes. Il n’eut pas de mal à reconnaître le son produit par cette abomination ailée, croisée plus tôt dans la journée, devenu pour l’occasion la monture de celle qu’il craignait de voir arriver. Le soldat se risqua à un coup d’œil succinct ce qui lui valut une longue sueur froide dégoulinant le long de son échine. La bête, vestige d’os et de chairs nécrosés d’une chauve-souris géante, s’était posée à quelques mètres de là et attendait immobile que sa cavalière descende. Mais celle-ci fixait la fenêtre de ses yeux froids, elle l’avait vu et cela il en était convaincu.

Sa respiration commença à devenir incontrôlable et son cœur le faisait souffrir atrocement. Il eut bien du mal à se calmer. Combien de temps s’était passé ? Il ne le savait point mais estimait qu’il s’était déroulé au moins une ou deux minutes.

-Tu te sens mieux ? demanda une voix enjôleuse à sa droite.

Il fit un bond si grand qu’il eut mal au postérieur lorsqu’il retomba par terre. Il tourna sa tête très lentement, tentant de retarder le moment fatidique, puis il l’aperçut enfin. C’était elle, Lenore, celle qui était derrière les derniers événements. Elle était engoncée dans une lourde armure finement ciselée et dont la couleur obsidienne semblait engloutir la lumière. Son visage était la seule partie visible de son corps. Il la dévisagea un instant subjugué par son charme. La perfection des traits et sa longue chevelure châtain le laissaient pantois. Il comprenait mieux pourquoi elle avait été courtisée par tout le royaume. La moue de sa bouche et le regard qu’elle lui lançait le rendait terriblement confus, lui aussi commençait à la désirer avec ardeur.

Sans même se rendre compte qu’elle avait bougé, il se retrouva à quelques centimètres de son visage. Ses doigts commencèrent à lui caresser lentement le visage, ils étaient d’une douceur inégalée mais glaçaient la peau. Comment pouvait-on avoir les mains si froides ! Son instinct de survie le ramena à la raison, il était en train de succomber au charme d’une vampire. Lenore fut plus prompte à réagir et saisit l’homme de sa main gauche avant de le soulever comme s’il ne pesait absolument rien. Klaus étouffait, il tenta de se dégager mais elle lui brisa le bras aussi simplement qu’une brindille pour le dissuaSans même se rendre compte qu’elle avait bougé, il se retrouva à quelques centimètres de son visage. Ses doigts commencèrent à lui caresser lentement le visage, ils étaient d’une douceur inégalée mais glaçaient la peau. Comment pouvait-on avoir les mains si froides ! Son instinct de survie le ramena à la raison, il était en train de succomber au charme d’une vampire. Lenore fut plus prompte à réagir et saisit l’homme de sa main gauche avant de le soulever comme s’il ne pesait absolument rien. Klaus étouffait, il tenta de se dégager mais elle lui brisa le bras aussi simplement qu’une brindille pour le dissuader de recommencer. Elle relâcha légèrement la pression et l'homme reprit des couleurs.

-Je suis la plus belle femme de l’Empire, hurla-t-elle, magnifiée par le cadeau qui m’a été offert ! Comment as-tu fait pour ne pas succomber totalement à mes charmes ?!

-Je connaissais ta véritable nature, lâcha Klaus tant bien que mal.

La réponse lui déplut fortement et elle se crispa une seconde, perdue dans ses pensées. Lenore sentit un certain relâchement musculaire chez le jeune homme. Elle constata qu’elle avait serré si fort qu’il en avait eu la nuque brisée. Elle le laissa choir, méprisant la fragilité des mortels, et son attention se porta sur un petit carnet qui venait de tomber par terre. Elle se pencha pour le ramasser et commença sa lecture.

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Vous qui me lisez en ce moment, rapportez ce carnet à l’Empire. Les hommes doivent savoir que nous avons échoué à notre mission…  En attendant qu’elle me trouve, je vais tâcher de transcrire aussi fidèlement que possible le drame qui fut le nôtre.

Je me nomme Klaus Dick, sujet de Sa majesté Karl Franz. Je suis devenu à la suite des événements, dont je vais vous faire part, le dix-huitième et dernier capitaine de l’unité de hallebardiers du fort Nord de la Grande citée de Wien. À l’instar de nombreux autres, je fus réquisitionné pour défendre nos frontières face aux incursions récentes du Chaos. Cependant, je ne fus pas longtemps sur le front et j’espère que ceux qui se battent contre les machinations de Khorne, Nurgle, Tzeench et Slaanesh, les dieux du Chaos, s’en sont mieux sorti que nous. De fait, une autre menace planait sur nos terres : la Sylvanie sortait de sa léthargie. Cette terre maudite était de nouveau emplie de squelettes, zombies et d’horreurs innommables. Les seigneurs vampires jugeaient le moment opportun pour reprendre leurs machinations.
Cela marqua le début d’une succession de disparitions aussi bien chez la noblesse que chez le peuple. Les vampires cherchaient avant tout à se nourrir mais parfois le but était tout autre. Le comte-électeur Herbert Shüts, du duché de Wien, fut parmi ceux qui perdirent un membre de leur famille.

Lenore était sans conteste la plus belle femme que le duché ait jamais vue. Lorsqu’elle fut en âge de se marier, les nobles prétendants arrivèrent par légion pour demander sa main. Elle refusa systématiquement leurs avances car son cœur appartenait déjà à quelqu’un. Son père ne tarda pas à trouver l’homme de basse naissance dont Lenore s’était entichée et l’exila à l’autre bout du royaume. Quant à sa fille, il la cloitra dans sa chambre avec interdiction formelle de rencontrer qui que ce soit jusqu’à ce qu’elle prenne conscience de son rang.

Cela faisait plusieurs mois qu’elle était cloitrée dans sa chambre lorsque son père découvrit un matin qu’elle avait disparu. Il avait alors envoyé des éclaireurs à travers le pays pour la retrouver. Les recherches furent infructueuses pendant un long moment jusqu’à l’émergence de rumeurs. Selon celles-ci, tantôt une sublime jeune femme vivait dans les ruines d’un vieux château abandonné de Sylvanie tantôt une belle demoiselle avait tué un vieillard en plein milieu de la nuit. Le comte dépêcha ses éclaireurs sur place pour vérifier le fondement de ses dires. Il regretta ce choix lorsqu’ils revinrent : ils avaient bien retrouvé sa fille mais elle n’était plus humaine maintenant, elle était de nature vampirique maintenant. Shüts se résigna, il devait tuer sa fille et si possible l’immondice qui l’avait corrompue. Il convoqua en secret le général Wilhem Küffner, un vieil ami à lui, qu’il chargea de mener cette mission. Ce dernier dût lever une armée avec le peu de troupes disponibles, la majorité étant sur le front. Je fus l’un des soldats réquisitionnés. Il fit appel à un prêtre-guerrier à la retraite, Fulrad, et d’un jeune noble qui voulait faire ses premières armes en tant que capitaine de cavalerie pour composer son état-major.

Notre troupe se mit en marche en direction de la Sylvanie et pendant les jours qui suivirent je m’étais lié d’amitié avec le prêtre. Celui-ci me racontait des anecdotes de sa longue vie, sur la noblesse et même sur notre général.

Ce dernier était un vétéran d’une longue croisade contre les orques et gobelins qui avaient duré plusieurs années. Lors d’une bataille, un géant l’avait avalé d’un coup et ce fut là sa dernière erreur. Wilhem, jeune soldat à l’époque, avait tailladé l’estomac  puis le poitrail à grands coups d’épée pour se sortir de là avant d’achever la créature. Il obtint alors le titre d’éventreur de géants bien qu’il n’en ait tué qu’un seul et commença sa brillante carrière d’officier.

Quelques jours étaient passés lorsque nous arrivâmes au village d’Arschlick, peuplé d’une dizaine d’âmes, dont la seule chose notable était sa chapelle. Nous nous y arrêtâmes un temps à la demande des villageois car ils avaient reçu d’étranges lettres depuis quelque temps. Je les retranscris ici tel que j’ai pu les lire.

« Lé zami, je neu vou veu pa dumal pour le momen. Je sai deu source surre queu vou alllé subire 1 atak bien to. Prené gard !
Sinhé Viskis kelkun»

« Lé zami, sette imondyce atakera deupui lé boi. Je le  tueray leu chef avan.»

« Eychek de laçasina »

« Bien to bien to ! 1 où 2 joure. Tuéz le tuéz le lui est cé troupeu. Si poçible le tuéz pa, je le veu vivent.»

Le dernier message datait de ce matin.

«ile atakera apré midi.
Sinhé votre ami  kelkun»

Bien que ses messages fussent difficiles à comprendre tant l’écriture était brouillonne, cet informateur avait surement sauvé la vie de ces villageois. Nous leur demandâmes ce qui pouvait justifier une attaque dans ce village perdu au milieu de nulle part. Ils nous expliquèrent que la chapelle contenait dans son sous-sol d’anciens artefacts magiques scellés depuis plusieurs siècles et que les habitants veillaient dessus depuis tout ce temps.

L’état-major n’eut pas besoin de se réunir pour prendre une décision. Puisqu’il était déjà midi, que nous étions sur place et qu’il était hors de question de laisser un ennemi inconnu obtenir des objets magiques, il était évident que nous allions organiser la défense des lieux. De plus, les éclaireurs n’avaient observé aucune armée sur des kilomètres à la ronde ce qui signifiait que l’attaque était surement orchestrée par une petite bande de malandrins.

Wilhem, ayant le sens du spectacle, disposa nos troupes en ordre de bataille. Il demanda aux villageois de s’armer de fourches, de faux etc. pour qu’ils puissent se défendre. Il leur imposa de se cloitrer au sous-sol de la chapelle. Des arquebusiers se positionnèrent dans le bâtiment.  Une partie alla se placer au niveau du clocher pour disposer d’un champ de vision bien dégagé sur les alentours. Tandis que les autres se postèrent aux différentes fenêtres de l’édifice. Le bâtiment était facilement défendable, nous pensâmes qu’il ne devrait y avoir aucune perte civile. Fulrad était aux commandes d’une unité équipée d’épées à deux mains qui devait maintenir l’ennemi dans les rues du village. Ils seraient épaulés par Franz Khül et sa cavalerie dont le but était de contourner l’ennemi afin d’effectuer une charge dévastatrice dans ses lignes arrière. Le reste de nos troupes, moi compris, était posé à l’ouest du village. C’était un espace assez dégagé pour que le canon puisse tirer sans encombre et l’infanterie pouvait manœuvrer facilement.

Nos éclaireurs arrivèrent au triple galop nous informer de ce qu’ils avaient vu. Des failles par dizaines s’étaient ouvertes dans la forêt et des hommes-rats en étaient sortis. Une véritable nuée s’était déversée de ces trous en piaillant et s’apprêtaient à attaquer le village. Nous fûmes grandement soulagés de la prévenance du général, sans cela nous aurions eu bien du mal à nous préparer rapidement pour la bataille.

Un premier groupe d’hommes-rat émergea de la lisière de la forêt, la première ligne portait de long pavois en bois et la seconde profitait de ce rempart pour poser leur long canon tandis qu’ils cherchaient une première cible à abattre. Ils eurent cependant la mauvaise surprise de recevoir une pluie de balles de la part des arquebusiers déployés dans la chapelle. Lorsque la fumée se dissipa, ils étaient presque tous mort et les survivants préfèrent prendre leurs jambes à leur cou.

Très vite plusieurs hordes sortirent de la forêt et les créatures commencèrent à courir vers nos positions. Le canon tira plusieurs fois et ses boulets disloquèrent les armes, les armures, la chair et les os dans les rangs adverses. La panique les prit et ils commencèrent à fuir à l’opposé de l’engin. Cela força mon unité à augmenter la cadence car nous étions maintenant bien loin des troupes adverses et celles-ci convergeaient de plus en plus vers la position de Fulrad.

Nous découvrîmes la présence d’un lanceur de sort chez notre adversaire lorsque l’air se mit soudainement à crépiter autour de la chapelle. Avant même que le prêtre-guerrier puisse tenter le moindre contre sort, des éclairs apparurent et vinrent frapper le clocher. Celui-ci se détacha et vint s’écraser lourdement par terre. Les arquebusiers à l’intérieur étaient mort calcinés avant même de toucher le sol.
Nous eûmes nous aussi à affronter notre lot de mauvaise surprise. Un étrange globe de verre passa au-dessus de ma tête et vint s’écraser à quelques pas derrière moi en libérant un gaz verdâtre. Les trois soldats les plus proches commencèrent à se gratter férocement et à se contorsionner. Ils hurlèrent de douleur lorsque leur peau tomba subitement et qu’ils se retrouvèrent les muscles et les nerfs à vif. Cela nous motiva à presser encore plus le pas afin d’éviter d’être le prochain à subir le même sort. Fort heureusement, nos arquebusiers avaient remarqué l’homme-rat responsable de ce tir et l’avaient abattu à la seconde où il avait tiré.

Une nouvelle série d’éclairs immola un arquebusier qui s’était penché à une fenêtre pour tirer. Par la suite, des guerriers en prise avec Fulrad et ses hommes eurent leur vigueur décuplée par un sortilège. Le combat fut sanglant, les deux camps subirent d’énormes pertes. Le vieil homme, ne comprenant pas la raison d’une telle sauvagerie chez l’ennemi, ordonna de battre en retraite d’une rue le temps de reformer sa ligne. Un seul homme-rat, dans sa folie passagère, les poursuivit mais il mourut avant de les atteindre comme si son cœur avait lâché subitement. Dès lors, le prêtre comprit ce qui se passait. Mais avant d’aplatir le crâne de ce magicien, il devait défendre la porte de la chapelle attaquée par les troupes contre lesquelles il se battait plus tôt. Il nous hurla de le trouver, il nous rejoindrait sous peu pour l’occire.

Les rats tailladaient les portes avec leurs griffes, leurs crocs et leurs armes, ils semblaient de plus en plus surexcités au fur et à mesure que des brèches apparaissaient. Nos hommes à l’intérieur profitèrent de celles-ci pour faire feu et de la cervelle se répandit aux alentours. C’est au moment où ils s’apprêtaient à attaquer de nouveau qu’ils furent chargés sur le flanc. Les longues épées taillèrent de vastes sillon dans la formation et les survivants eurent tôt fait de décamper vers le gros de leur force.

Nous fûmes les témoins de la déroute de Franz Khül. Sa cavalerie s’était lancée au galop vers un ennemi isolé qui surveillait que personne ne s’échappait du village. Franz devait penser que ce n’était pas une menace sérieuse et que ce rat finirait sous les sabots des montures. Voyant les cavaliers lui foncer dessus, l’homme-rat dégaina son arme qui cracha une longue langue de flamme. Par chance, le jet passa bien au-dessus d’eux et ils n’eurent pas à déplorer de pertes. Cependant, les chevaux commencèrent à paniquer et ils n’obéissaient plus. La charge fut par conséquent complètement ratée. Lorsqu’ils arrivèrent à les calmer et à les immobiliser, ils se trouvaient alors près du magicien qui commandait ces créatures. Perché sur un promontoire rocheux, il se mit à ricaner en les voyants. Une nouvelle fois, ce dernier provoqua des éclairs et deux cavaliers périrent sur le coup. Les autres, Khül en tête, détalèrent du champ de bataille.

-Je jure que s’il ne revient pas dans l’heure, je le ferai monter par toute l’écurie impériale ! explosa Wilhem qui assistait à la même scène que moi.

Cela nous donna la force de presser encore plus le pas afin de charger l’ennemi. Pour ma part, je me questionnais au sujet de notre canon car il me semblait qu’il n’avait pas tiré depuis un moment. J’étais bien le seul à me poser cette question dans notre formation, les autres ne se concentraient que sur l’ennemi en face de nous et le général qui se trouvait parmi eux. Je me trouvais à côté du général lorsque le combat commença. Il frappait avec véhémence pour atteindre son homologue mais son adversaire se cachait derrière ses troupes en ricanant. Pendant ce temps, la mêlée devint beaucoup plus chaotique. Les fuyards de la chapelle nous combattaient maintenant tout en étant pris à revers par Fulrad et ses hommes. Un coup de lance-flamme clairsema les rangs du vieil homme qui ne dut son salut qu’aux protections dont il jouissait. Sa réplique magique balaya tout un rang de ces vermines.

Après deux coups bien placés, Kuffner avait enfin rejoint sa cible. J’étais légèrement en retrait ce qui me permit d’apercevoir une ombre qui se mouvait discrètement entre les combats et qui se dirigeaient peu à peu sur eux. Il était pour moi évident qu’il s’agissait d’une autre fourberie de l’ennemi. Je plongeais en avant renversant le général, qui ne comprit pas sur l’instant la raison de mon intervention. Par terre, il me donna un coup de poing si violent qu’il me cassa une dent. Mais je l’avais sauvé. L’ombre était en fait un assassin qui avait sauté pour planter ses dagues droit dans le cœur de Sigfried, le capitaine de notre unité, qui se trouvait à côté de nous.

Le maelstrom des combats, nous permis de ramper hors de portée de l’assassin et nous pûmes nous relever. En regardant le chef adverse je pus percevoir la terreur qui l’animait. Cet assassin ne faisait pas partie de son plan cela se voyait aux regards apeurés qu’il lançait partout autour de lui. Si nous n’étions pas arrivés à ce moment-là, un de nos ennemis aurait pu nous aider sans le vouloir. Je pris le temps de le chercher sur le champ de bataille un instant. Il avait abattu notre capitaine et quelques soldats avant de disparaître aussi vite qu’il était arrivé. Je me souvins des lettres qu’avaient reçu les villageois. Notre mystérieux allié cherchait-il toujours à nous aider ? Était-il possible que ce soit lui aussi un homme-rat ?
Des renforts ennemis avaient fait leur apparition derrière nos lignes : un groupe d’homme-rats encapuchonné était apparu près de notre canon. Ils utilisèrent leurs frondes pour tuer les ingénieurs  mais ces derniers réussirent à se protéger des projectiles en se cachant derrière l’engin de siège. Ils ne purent pas se défendre lorsqu’ils furent chargés. Par la suite, ils sabotèrent l’engin grâce à une poudre qui rongea le fer. Les arquebusiers avaient tenté de les empêcher en leur tirant une salve mais ils subirent une violente riposte qui les força à abandonner leur position pendant que quatre des leurs agonisaient. Finalement, les rats étaient arrivés à la chapelle et avaient promptement massacré les derniers défenseurs et les villageois mais puisqu’ils étaient toujours dedans nous avions pensé à encercler la chapelle pour les empêcher de s’enfuir avant de les massacrer.

Le spectacle macabre auquel nous dûmes faire face au sous-sol nous retourna l’estomac. Des ennemis avaient fait surface sous les pieds des paysans et un combat sanglant avait éclaté. L’arrivée depuis l’étage de la troupe encapuchonnée avait écrasé la modeste défense qui s’était organisée ici. Partout, il y avait des lambeaux de cadavres. Ces choses dévoraient sans distinction alliés et ennemis morts. Ils n’avaient pas fini leur festin, il avait battu en retraite en même temps que le reste de l’armée.

Puisqu’il ne restait plus aucun villageois en vie, il nous fallut consulter les archives du lieu pour savoir ce qu’ils avaient subtilisés. Le registre nous aida à déterminer que les hommes-rat avaient volé deux choses. Une armure dans laquelle était enfermé l’esprit d’un sorcier elfe noir, ce dernier fou de colère tuait de manière atroce ceux qui avaient l’impudence d’enfiler l’armure. L’objet du deuxième larcin était les plans de trois tanks à vapeur. Ce trio avait fait sensation en tuant un groupe de monstres d’une harde d’hommes-bêtes puis en transperçant leur rang mal organisé. Bien sûr, cela avait marqué la fin de la bataille. Bien que l’ennemi comptât cinq fois plus de guerriers que nous, ils furent massacrés sans exception.
Il était aisé de comprendre l’intérêt qu’ils pouvaient porter à ces plans. En nous les volant, ils pouvaient tenter tant bien que mal d’imiter notre technologie et s’en servir lors de leurs prochains conflits. J’espérais que les hommes n’aient jamais à affronter de telles machines sur le champ de bataille à cause de nous. Mais l’artefact magique manquant, l’armure Doomstern, n’était pas un choix logique. Qui donc s’emparait d’une armure qui tuait son porteur alors qu’à seulement deux pas de là il était possible de faire main basse sur des épées et des armes d’hasts qui avaient gravé à jamais leur légende ou bien des armures et boucliers dont les runes et les sortilèges protégeaient aussi bien de nos jours qu’au temps jadis ? Je tournais et retournais sans cesse cette question dans ma tête mais je ne comprenais pas les motivations qui étaient les leurs. Ils avaient pris ce qu’ils avaient pu dans la précipitation avant de s’en aller, c’était la seule conclusion logique.

Lors des heures qui suivirent, nous hésitâmes longuement avant de poursuivre ces créatures dans les tunnels que nous avions découverts afin de venger nos morts. Nous envoyâmes un éclaireur dans celui creusé sous la chapelle afin de déterminer le risque potentiel d’une poursuite. Il n’avait pas fait dix mètres qu’il fut attaqué par des hommes-rats malingres. Il s’apprêtait à leur tenir tête lorsqu’un craquement se fit entendre. Le tunnel s’effondra et notre éclaireur disparu sous les gravats. L’ennemi envoyait donc des troupes sacrifiables pour nous contenir le temps de détruire les tunnels. Dès lors, nous ordonnèrent de ne pas s’approcher de ces endroits.

Il nous fallut plusieurs heures pour retrouver Khül dans la forêt. Lorsque Kuffner fut en face de lui, il lui étala du crottin de cheval au visage et lui interdit de se nettoyer jusqu’à nouvel ordre. En supportant ce châtiment, sa fuite du champ de bataille était pardonnée. Je reçu une tape sur l’épaule de la part de notre général, sur le coup j’avais pensé que c’était pour me remercier de l’avoir sauvé mais en réalité il venait de me promouvoir capitaine. Il me l’annonça clairement le soir même.

Nos pertes avaient été trop importantes pour que nous puissions poursuivre notre chemin vers Lenore. Il nous fallut pendant plusieurs semaines faire le tour des villes et villages pour enrôler le peu d’hommes qui n’étaient pas déjà parti à la guerre. Ils étaient tous très jeunes, surement trop  pour nous rejoindre, car leurs ainés avaient déjà été réquisitionnés. Nous ne laissions que des femmes et des garçons de moins de onze ans là où nous passions. Nos nouveaux cavaliers chevauchaient des chevaux de trait car il n’y avait plus de chevaux entrainés pour la guerre. Franz semblait en permanence désappointé lorsqu’il voyait les montures de ses nouveaux compagnons. L’éventreur de géants chercha longuement un canon pour remplacer celui que nous avions perdu précédemment.

Ce n’était pas quelque chose de facile à trouver dans cette partie reculée de l’Empire. Finalement, nous trouvâmes un monument dans lequel étaient disposés trois canons. C’était une batterie qui avait permis d’obtenir une grande victoire jadis mais aujourd’hui deux d’entre eux étaient désormais inutilisables et le dernier n’était pas forcément en meilleur état. C’est à contrecœur que Wilhem  récupéra ce dernier et le nomma « Kaputt ». C’était le patronyme de son éternelle déception. Chaque fois que son regard se posait dessus, il étouffait un juron avant de s’en aller en maugréant.

Nous établîmes un campement à une semaine de marches du château dans lequel Lenore était censée se trouver. Il nous fallait encore un peu de temps avant l’attaque afin de retaper le canon et préparer les recrues au combat. L’entrainement fut fastidieux mais ils apprenaient vite. J’étais convaincu que certains d’entre eux pourraient faire de bons soldats à l’avenir. Les officiers se réunissaient chaque soir pour évaluer les progrès de nos soldats et établir la stratégie lors du siège à venir  

Par la suite, des filles de joie des villages alentour avaient fait leur apparition dans le camp. Les soldats furent heureux de cette compagnie et ce fut un spectacle de débauche. Les vétérans de la précédente bataille voulaient oublier ce qui s’était. Quant aux nouvelles recrues, elles désiraient s’adonner au plaisir de la chair pour la première fois avant d’affronter l’horreur du champ de bataille.

L’une de ces filles repoussait toutes les avances et semblait chercher quelqu’un de précis, cela attira mon attention. Elle avait un physique repoussant mais les hommes avaient terriblement besoin de compagnie si bien qu’ils tentaient tout de même de l’amener avec eux. Elle ne daigna pas me regarder jusqu’à ce que je lui demande si en tant qu’officier je pouvais l’aider en quelconque façon que ce soit. Elle se tourna vers moi et me sourit, montrant au passage ses dents gâtées, avant de m’informer qu’elle se nommait Jacquetta, et qu’elle souhaitait s’entretenir avec notre état-major.

Il me fallut à peine trente secondes pour trouver Fulrad et Khül. Le premier essayait d’arrêter la lubricité publique dans le camp, le second se faisait sermonner par le premier. Je les informais d’une nouvelle réunion stratégique avant de me mettre à la recherche du général. Après avoir longuement cherché dans le camp, je me résolus à pénétrer dans sa tente personnelle. Il étouffa un juron. Malgré la rapidité avec laquelle il déplaça le drap, j'eus cependant le temps d’apercevoir assez de seins et de paires de jambes pour estimer que Kuffner était en compagnie de trois demoiselles. Il m’insulta un moment avant de me laisser le temps de lui expliquer les raisons de ma venue. Il me demanda de lui laisser vingt minutes pour se préparer avant de nous rejoindre.

Il était rouge de colère lorsqu’il parut au bout de dix.

-J’ai un message à transmettre, dit Jacquetta.

-Parle donc gueuse ! répliqua Kuffner ulcéré d’avoir dû mettre un terme aux festivités. Je n’ai pas de temps à perdre avec toi !

Le général était passablement irrité de ne pas avoir pu finir sa besogne. La femme commença à afficher un large sourire et marqua un temps d’arrêt comme si elle savourait à l’avance les mots qu’elle allait prononcer. Elle ne m’inspirait pas confiance. Lorsqu’elle ouvrit la bouche, j’étais tout ouï afin de démêler d’éventuelles supercheries dans ses propos.

-Reconnaissez maintenant votre faiblesse en vous joignant à nous ou ployez le genou demain sur le champ de bataille. Cela ne fait nulle différence pour nous car vous finirez tous par nous servir.

Fulrad fronça fortement les sourcils devant cette annonce mais n’hésita pas une seule seconde lorsqu’il comprit la nature de ce qui lui faisait face. Il leva son marteau intimant les sous-officiers à saisir cette servante des armées morts-vivants. Elle ne chercha pas une seule seconde à fuir lorsqu’une demi-douzaine de soldats lui fonça dessus ni même à se débattre lorsqu’ils l’attrapèrent. Elle riait voilà tout.

Soupçonnant qu’elle fût une sorcière, le prêtre-guerrier ordonna à la hâte la création d’un bûcher. Lorsqu’on amena la paysanne, celle-ci ne tremblait point devant ce qui l’attendait. Au contraire, elle se gaussait toujours plus, telle une démente. Le courage des hommes vacillait mais ils tinrent bon face à la détermination du vieil homme et d’un léger hochement de tête de leur général. On l’attacha au poteau et le bourreau, qui fut choisi aléatoirement parmi ceux qui avaient assisté à la réunion, déposa à ses pieds plusieurs piles de bois puis décida de les oindre d’huile ainsi que la femme. Il voulait sans doute que le feu parte le plus vite possible afin que cet instant ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Il prit ensuite une torche qu’il jeta dans les fagots. Le feu prit rapidement et le corps fut léché de toutes parts par les flammes. Mais même le feu ardent qui consumait son corps ne l’empêcha de continuer de rire. Les flammes changèrent soudainement de couleur et le corps calciné s’étiola en quelques secondes pour laisser place à une silhouette éthérée.

-Maudite follieuse, bouffeuse de foutre vampirique, retourne te faire saillir par les fots-en-cul ! s’écria Kuffner. Soldats, éloignez-vous de cette banshee !

Malgré ses vociférations, ses hommes restaient figés sur place et hurlaient de terreur. L’esprit mit son doigt sépulcral devant sa bouche pour intimer au silence. Pendant les secondes qui suivirent, pas un seul bruit ne se fit entendre hormis le son des cœurs qui battaient la chamade. Elle se mit soudainement à crier. Elle émettait un son strident et surnaturel. Le bourreau qui se trouvait près d’elle tomba raide mort dès les premières notes, du sang coulait de ses oreilles et de son nez. Très vite, deux autres soldats mordirent la poussière de la même façon. Je me souviens que j’avais enfoncé mes doigts tellement profondément dans mes oreilles, pour ne plus entendre cette effroyable complainte, que je m’étais blessé et le sang coulait abondamment le long de mon visage. Pourtant, rien n’y faisait, je l’entendais nonobstant mes efforts. J’avais l’impression qu’elle me lacérait l’âme à chaque seconde. Ma vision se brouilla et je mis un genou à terre ne supportant plus la douleur. Lorsque je fus sur le point de m’évanouir, je vis un halo lumineux et l’on m’aida à me relever.

On me raconta que Fulrad avait demandé à Sigmar de bénir son marteau d’une lumière sainte. Dès lors, il avait frappé de toutes ses forces la créature éthérée. L’esprit avait vacillé au point de presque disparaître mais finalement avait survécu à la lumière purificatrice. Craignant pour sa survie, Jacquetta avait opté pour la fuite et personne n’avait osé la poursuivre. Ils avaient été bien avisés d’agir de la sorte, il aurait pu se faire massacrer un à un par la banshee, tomber dans un guet-apens de morts-vivants ou bien des hommes-bêtes.

Le choix était d’autant plus judicieux qu’il nous fallait préserver nos forces pour la bataille du lendemain J’étais parti me faire soigner et j’avais avalé péniblement un maigre repas avant de retrouver mes hommes. Je ne leur dis mot afin de préserver leur bravoure. Mais ils étaient parfaitement au courant de ce qui s’était passé plus tôt dans la journée. Le cri avait été entendu d’un bout à l’autre du camp et ma mine déconfite me trahissait. Une jeune recrue me proposa de prendre mon tour de garde afin de me remettre de mes blessures. J’avais accueilli cette proposition avec soulagement. Je n’avais pas le cœur à scruter les ténèbres et à imaginer les horreurs qui s’y cachaient. Et plus que tout, j’avais peur que Jacquetta profite de la nuit pour venir nous attaquer de nouveau. J’avais eu mon lot d’émotions pour la journée, les rêves étaient un royaume dans lequel il ne pouvait rien m’arriver.

Je fus réveillé aux aurores par le son d’un cor, le signal qu’avait émis le guetteur signifiait un danger imminent. Je fus prompt à enfiler mon armure de plates et à rejoindre mon unité. Ils tenaient vigoureusement leurs hallebardes et susurraient quelques suppliques dans un langage guttural incompréhensible. Fulrad se joignit à nous, selon les ordres du général, me faisant une légère tape à l’épaule pour m’encourager. Il avait grise mine, non pas à cause du manque de sommeil mais parce qu’il pressentait des événements de mauvaises augures.

Un étrange brouillard avançait vers notre direction. Il obstruait complètement le champ de vision, si bien qu’on ne discernait pas ses propres pieds, glaçait le bout du nez et était accompagné d’une multitude de petits bruits. C’était surtout ce dernier élément qui avait inquiété les éclaireurs qui dès lors avaient  galopés à bride abattue afin de prévenir les guetteurs du camp au plus vite. Nous étions seulement à deux jours du château dans lequel Lenore était censée se trouver, il était tout à fait envisageable qu’elle soit venue à notre rencontre. À ce moment précis, nous avions tous espéré que l’imagination des éclaireurs leur ait joué des tours. Malheureusement pour nous, ils n’avaient pas eu tort comme nous le constatâmes par la suite.

L’éventreur de géants avait organisé son armée pour la bataille aussi vite que cela avait été humainement possible. Nos deux régiments principaux étaient au centre, flanqués des deux côtés par une compagnie d’arquebusiers – l’une d’entre elles s’était déployée dans une ruine pour disposer d’une position plus avantageuse et l’autre se tenait à une dizaine de mètres de la lisière d’une forêt et non loin d’un petit cimetière – et sur le flanc droit avait été placé Kaputt, le canon récupéré la veille, ainsi que notre cavalerie. Cette dernière devait profiter du soutien du canon et des arquebusiers pour charger sans peine l’ennemi, lui briser son flanc et mener l’armée à la victoire. Un grand poids pesait sur leurs épaules, ils devaient racheter le déshonneur de la précédente bataille. La détermination qui s’exprimait sur leurs visages, galvanisa les soldats alentour, nous oubliâmes un instant ce qui se cachait derrière le brouillard.

Il nous fallut encore une poignée de minutes, qui semblèrent interminables, avant que le frimas ne soit à un kilomètre de nous. Ce n’était qu’une question de temps avant le commencement des hostilités. Je sentis une puissante odeur de défécation autour de moi, d’un regard je compris que notre joueur de tambour se faisait dessus. Je lui fis un regard réprobateur, il n’avait pas le droit de flancher tout comme moi. Il sembla soulagé que la réprimande ne soit que visuelle. Le vieux prêtre-guerrier fit semblant de se moucher dans sa manche, du moins partiellement,  ce qui lui permit brièvement de se protéger de l’odeur nauséabonde. En effet, le joueur de tambour n’était pas le seul à avoir perdu sa dignité et l’odeur environnante était si forte que Fulrad renonça à couvrir ses narines. Il leva les yeux au ciel face à la bravoure de ces paysans.

Kuffner s’avança de quelques mètres afin que tous puissent le voir, il bomba le torse et regarda en direction du brouillard pendant quelques instants avant de se tourner vers son armée. Il se racla la gorge avant de cracher une glaire verdâtre par terre. Il dévisagea un à un les bleus qui avaient rejoint notre armée.

-Je n’ai que du mépris pour les bâtards que vous êtes et je plains les catins vérolées qui ont dû vous mettre au monde.  J’ai devant moi un beau ramassis de puceaux consanguins qui font semblant d’être des hommes !  Je ne vous dirais pas que vous allez tous vous en sortir et que cette bataille sera aussi agréable que baiser de la jouvencelle. Non, je ne suis pas ce genre d’homme !  Je ne vous dirais pas non plus  de vous battre pour l’honneur et la gloire mais seulement pour sauver votre petit cul  de bouseux. L’ennemi face à vous ne flanchera pas quoiqu’il advienne, s’écria-t-il, et je vous ordonne d’en faire de même ! Et si vous devez vivre vos derniers instants, au lieu de chier dans vos bottes continuez de frapper l’ennemi ! Quitte à vous faire élargir le cul par un chibre nécrosé ne leur facilitez pas la tâche, battez-vous jusqu’au bout ! Nul déshonneur pour celui qui a tenté l’impossible !  La tête haute soldats, préparez-vous à la bataille !

Le voile qui cachait notre ennemi se dissipa à la seconde où Kuffner prononça les derniers mots de son discours. Les morts se tenaient devant nous. Une horde de zombies et de guerriers squelettes étaient face à nous et attendait l’ordre d’avancer. Lorsqu’ils se mirent en branle, je n’avais pu contenir ce frisson qui m’avait glacé l’échine. Je voyais cette nuée progresser lentement et surement et je sentais la force de la volonté qui les commandait. Nous entendîmes des hurlements et des grognements en provenance de la forêt, une meute n’était pas loin de notre position. Nous avions supposé que des hommes-bêtes attendaient dans les alentours pour manger les cadavres.

Le ciel s’obscurcit subitement, je vis un déluge de flèches s’abattre sur les ruines. Les archers squelettes avaient libéré tant de salves en si peu de temps que les arquebusiers n’avaient pas eu le temps de se mettre à l’abri. Leurs corps gisaient sous un océan de flèches. La vue de ce spectacle macabre encouragea mes hommes à redoubler de vaillance, ils avancèrent plein de détermination au lieu de tourner talon comme on aurait pu s’y attendre de la part de troupes novices.

Cette volée avait surpris notre armée mais nous avions vite repris du poil de la bête. Mon unité progressait efficacement sur le champ de bataille aux côtés de celle du général. La tension montait d’un cran car bientôt sonnerait l’heure de la mêlée.  Khül lança un galop digne des plus grands récits bretonniens. Il comptait racheter son honneur et les jeunes qui chevauchaient à ses côtés tenaient à se faire un nom. Cependant, la bataille nous avait déjà échappé à ce moment précis.  Nous n’avions pas remarqué lors de notre charge ce qui se passait sur nos flancs. Lorsque nous nous en rendîmes compte, lorsque des soldats nous avertirent, il était bien trop tard.

Notre tactique était simple, il nous fallait engager au plus vite les formations qui nous faisaient face afin de détruire les sorciers qui animaient cet ost macabre. Au pas de course, nous allâmes croiser le fer contre eux. Lors de notre trajet, quelques-uns de mes soldats perdirent la vie à cause des volées adverses mais nous nous en sortions bien par rapport à nos camarades. De fait, ils subirent l’effet d’un sortilège qui fit vieillir prématurément  une poignée d’entre eux. Ils ne restaient plus que de la poussière de jeunes garçons dans la fleur de l’âge.  

Kuffner et son unité atteignirent l’ennemi en premier. Il était pris d’une vigueur extraordinaire et taillait les zombies en pièces. Malgré sa frénésie meurtrière il n’arrivait pas à percer les rangs et à atteindre le nécromancien qui les dirigeait. Les zombies se relevaient immédiatement après avoir été abattu. Les blessures cicatrisaient, les os se ressoudaient et le zombie recommençait aussitôt à frapper mollement.

Mon unité engagea les archers squelettes qui dégainèrent leur épée pour l’occasion. C’était une unité bien plus vaste que la nôtre. Une lueur impie s’embrasa dans les yeux des squelettes et  ceux-ci commencèrent à attaquer bien plus férocement que ce que nous nous attendions. Les armures et la protection accordée par notre vieux prêtre-guerrier nous protégeaient efficacement. Cependant, peu à peu nos effectifs fondaient face à cet étrange maléfice. Pendant ce temps, des éclaireurs nous rejoignirent et nous firent état du reste du champ de bataille.

Nos arquebusiers, nous couvrant à l’ouest, s’étaient mis en position pour tirer sur la horde de zombies. À l’instant où ils allaient lâcher la salve une meute de loups zombifiés était sorti de la forêt et s’était mis en travers. La première salve eut raison de la moitié de la meute de loups et ils eurent à peine le temps de recharger pour abattre les derniers. Il s’en était fallu de peu, les créatures étaient particulièrement véloces. Les corps des loups n’avaient pas encore touché le sol qu’ils durent faire volte-face pour affronter une autre menace. Des goules avaient  émergé des mausolées du cimetière accompagné par la banshee affrontée la veille. Il était trop tard pour charger les arquebuses une troisième fois et cela se régla dans une mêlée sanglante. Ils plantèrent leur couteau dans la chair dénudée des créatures tandis que ces dernières lacéraient les entrailles et se nourrissaient sur les cadavres encore chauds. Même s’ils parvinrent à massacrer ces ignobles nécrophages, ils furent décimés jusqu’au dernier. De fait, aucune de leurs armes ne pouvait blesser la banshee qui de son côté eut grand plaisir à les massacrer. Sa complainte et ses lacérations suffirent à exterminer nos derniers camarades.

Sur le flanc droit, Franz était parti avec tant de hargne que son galop l’avait mené trop rapidement près des lignes ennemies. Ils n’avaient pas pu entendre, à cause de la distance, la mise en garde des éclaireurs. Une grande créature ailée tournoyait dans le ciel. Ils ne furent pas les seuls à l’avoir aperçu. Les artilleurs du canon voulurent contrer cette menace. Certes,  Kaputt était une vieille pièce d’artillerie qui n’avait pas servi depuis des lustres mais ils étaient convaincus qu’elle ferait parfaitement l’affaire. Ils levèrent le canon aussi haut que le permettait l’engin et ils mirent beaucoup de poudre dans la gargousse pour que l’explosion n’en soit que plus violente. Ils mirent le feu à la seconde où l’affût, rongé par la moisissure et les insectes, se brisa. Lorsque le coup partit, le canon venait de basculer en avant et la gueule de l’engin de siège était pointée vers le sol.  L’artificier tenant l’écouvillon fut tué avant même de comprendre ce qui arrivait lorsque le boulet toucha le sol. Les deux autres furent broyés lorsque le canon leur tomba dessus.

La créature ailée fendit le ciel et descendit en piquée sur la cavalerie. En les survolant, elle émit un cri strident si puissant que la moitié de la formation explosa dans un maelstrom de sang et d’entrailles. D’autres finirent piétinés lorsque le monstre se posa à terre. Le chaos prit le dessus et les survivants commencèrent à détaler, aussi vite qu’ils purent, droit sur nous… Les chevaux hennissaient de terreur. Un par un, ils furent rattrapés par le monstre et déchiquetés dans son immense gueule. Au fur et à mesure que ce carnage se rapprochait, je pus voir à quoi ressemblait cette monstruosité. Une chauve-souris, de la taille d’un dragon, gigantesque amalgame d’os et de lambeaux de chair, dont la voracité ne s’était pas tarie dans la mort.

J’avais passé tellement de temps à observer cette chose que j’avais failli me faire décapiter. Les archers squelettes étaient plus disciplinés que moi et ne perdaient pas l’objectif de vue… Je vis à quelques mètres de moi l’une des cibles que nous devions abattre. Une sorte de prêtre, vêtu d’une chasuble surannée et arborant diverses reliques sorties des tréfonds des âges, psalmodiait une incantation. Il devait surement être la cause de la vigueur infernale qui animait les archers. Je voulus m’approcher de lui pour le tuer mais il fut le propre investigateur de sa fin. Tandis qu’une énergie impie se canalisait autour de ses mains les vents de magie durent souffler avec une rare intensité car il perdit complètement le contrôle de son sortilège. L’énergie se mua en un petit vortex où nulle lumière ne pénétrait, une décharge brute de magie vint le frapper en pleine poitrine. En quelques instants, son corps se corroda et ne fut plus qu’un nuage de poussière. Le vortex sembla croître un peu et avala ce qui restait du mage ainsi qu’une poignée d’archers avant de s’effondrer et de disparaître.

Je vis mes hommes se faire massacrer peu à peu, ils étaient bien trop nombreux pour que nous percions leurs rangs et la magie rendait vains nos efforts. L’abomination ailée venait de tuer le dernier cavalier et plongea sur la formation du général dans laquelle elle sema un grand chaos. Submergé par le nombre d’ennemis et la force colossale du monstre, les hommes ne firent pas long feu. Ils tentèrent vainement d’effectuer une percée mais ils n’y arrivèrent pas. La horde décérébrée de zombies était de plus en plus vaste car nos morts venaient grossir ses effectifs.

-Mortecouille, je chie sur le tombeau de tes ancêtres et je me torche la raie avec leur linceul.

Wilhem avait eu la surprise de se faire saisir la jambe par un zombie qu’il pensait avoir tué  et continua d’exprimer sa surprise dans un florilège de jurons dont la plupart m’échappèrent sur l’instant. La chauve-souris géante s’approcha de lui et le défia du regard. Elle ouvrit légèrement la bouche, laissant apparaître ses crocs effilés desquels deux bons mètres d’intestin tombèrent tout en étalant une grande quantité de matières fécales et de sang sur le sol.

-Ventrebleu, n’y pense même pas maudit sac d’os ! Par Sigmar, le dernier à avoir tenté de m’avaler n’est plus là pour s’en targuer !

L’invective ne sembla nullement affecter la créature. D’un coup de patte elle le lança en l’air avant de le rattraper en plein vol, le sectionnant en deux d’un coup sec de mâchoire. Le bas du corps retomba lourdement dans les rangs de zombies. La mort de l’éventreur de géants marqua le début de la débandade. Les hommes, de nos deux régiments, commencèrent à tenter de s’échapper de ce charnier mais ils étaient tous rattrapés et massacrés. Je vis un homme, bien trop jeune pour être sur un champ de bataille, se faire traîner par terre et se faire lacérer par les armes de ses anciens amis. Il n’y avait nul endroit pour fuir, nul espoir. Un par un, ils tombaient comme des mouches.

Mon instinct me conseilla de fuir ce carnage, il ne restait plus rien de notre armée. Dans mon élan, j’attrapais le bras de Fulrad.  Cela m’avait demandé une énergie monstrueuse pour nous dégager de la mêlée. Les morts étaient déjà sur nos talons, Fulrad se stoppa il crachait ses poumons.

-Mon garçon, dit le vieil homme essoufflé, c’est foutu je vais crever ici. Le duel de volonté contre ce magicien au rabais m’a épuisé et mon âge ne me permettra pas d’aller bien loin avant de me faire rattraper. Mais toi ! Toi, tu peux encore t’en sortir et raconter ce qui s’est passé ici.

À ce mots, il se dégagea de mon étreinte et avec l’énergie du désespoir broya d’un coup de marteau les deux squelettes qui s’avançaient vers lui. Je ne pris pas le temps de lui dire adieu, ni de saluer son courage. Il m’offrait de précieuses secondes et il me fallait les rentabiliser au maximum. J’abandonnais mon arme et mon honneur sur le champ de bataille. Durant la course effrénée qui s’ensuivit, j’avais réussi à ôter certaines parties de mon armure afin d’être plus léger.
D’après mes estimations, j’ai couru sur environ deux kilomètres avant que le poids du reste de mon armure de plates ne se fasse ressentir. Je suis maintenant caché dans une tour abandonnée que j’ai trouvée après quelques minutes de marche. Pendant que je retrouvais mon souffle, j’en ai profité pour transcrire les événements aussi fidèlement que possible. Je continuerai cette tâche jusqu’à la fin.

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Après sa lecture, Lenore ferma délicatement le carnet. Elle contempla le corps inanimé du jeune soldat et commença à afficher un sourire sardonique. En effet, la nouvelle-née pensait  qu’il serait vraiment regrettable que l’Empire, en la personne de son père, ne récupère pas un tel document. D’un geste mal maîtrisé, elle tenta d’insuffler un second souffle à la dépouille. Celle-ci eut des spasmes avant de cesser de bouger de nouveau. Lenore se concentra davantage, ses mains tremblaient sous l’effort, et finalement  le cadavre de Klaus se releva et les os brisés se ressoudèrent en un instant. Fière d’avoir réussi son sort toute seule, elle confia le carnet à son nouveau zombie.

-Tu iras, le plus discrètement possible, au château de mon père, lui dit-elle en prenant soin de bien articuler afin de s’assurer qu’il comprenne parfaitement. Là-bas, ton unique mission sera de donner ce carnet. Tends-le de manière à ce qu’il soit bien en évidence et ne cherche surtout pas à te défendre.

Rénar montait péniblement les marches menant au sommet de la tour, fatigué après avoir marché depuis le champ de bataille, lorsqu’il entendit la vampire donner des ordres à sa nouvelle marionnette. Il afficha instantanément un sourire dédaigneux, qu’il réprima bien vite de peur qu’elle ne l’aperçoive. Elle avait reçu le don de la non-vie depuis peu de temps et elle n’en maîtrisait pas encore tous les aspects. Un simple ordre mental suffisait amplement pour ceux qu’elle asservissait à sa volonté. Il savait que ses pouvoirs dans les arts sombres étaient nettement supérieurs aux siens. Il avait eu deux siècles pour les affiner, il était encore mortel mais savait prolonger son existence.  Mais il arrivait à un stade où il ne progressait plus. Le savoir que peut acquérir un nécromancien seul est vite limité et il en avait parfaitement conscience. Elle représentait l’élite des morts-vivants, un vampire plus expérimenté viendrait lui enseigner des sortilèges oubliés bien plus puissants que ce qu’il avait pu se mettre sous la main. Il la servirait jusqu’à ce qu’elle partage ses connaissances avec lui et s’il pouvait recevoir à son tour le baiser de sang alors rien ne pourrait stopper son ambition, mise à part Nagash bien sûr. Il envisagea aussi qu’il la trahirait si ses efforts n’étaient pas récompensés à leur juste valeur. Cela demanderait énormément de sournoiserie car il n’était pas de son intérêt qu’un combat éclate. De fait, elle profiterait de sa vigueur vampirique pour l’atteindre physiquement et il ne faisait absolument pas le poids dans ce domaine.

Il croisa le zombie au seuil de la porte qui lui tendit le carnet. Ce n’est pas gagné, pensa-t-il. Il imaginait le carnet confié au soin du premier bouseux rencontré et il soupira d’exaspération. Rénar se permit de refaire le sortilège afin que la mission soit menée à bien.  Le nécromancien se demanda le temps qu’elle allait prendre pour maîtriser la magie. Lorsqu’il entra dans la pièce, Lenore eut la même révulsion qu’à chaque fois qu’elle le voyait, il fit semblant de ne pas remarquer le haut-le-cœur qu’elle avait eu. Elle était terriblement dégoûtée par cet individu, à la peau ravagée par de multiples maladies, au goitre saillant et aux dents jaunies, mais elle savait qu’elle avait besoin de lui. Du moins pour le moment… Elle lui tourna le dos se donnant ainsi le temps de supporter sa présence.

-Que faisons-nous maintenant comtesse, demanda-t-il après avoir jugé qu’il avait assez entendu, dois-je comprendre que nous passons la nuit ici ?

-Va me chercher Bathilde qu’elle me coiffe, répondit-elle.  

Sa réponse était laconique et ce n’était pas ce qu’il voulait entendre. Il cacha son dérangement et alla chercher la servante qui était mortelle pour l’instant. Comme les autres vampires, Lenore avait bien du mal à se passer de certaines choses dont elle avait joui de son vivant. En gardant sa servante à ses côtés, elle pouvait jouer un simulacre dans lequel elle était toujours  la noble au centre des attentions. Il se demanda si elle comptait transformer la jeune femme puis d’autres demoiselles afin de se constituer une cour. Tant qu’il ne devait pas s’adonner à des discussions futiles autour d’un boudoir il lui importait peu de savoir comment elle occuperait son immortalité.

Il trouva Bathilde là où il l’avait laissé avant la bataille, dans un semblant de carrosse créé à la hâte avec ce qui avait été trouvé pour satisfaire la demande de Lenore, la mine défaite. Elle était flanquée de deux zombies, dans un stade de décomposition avancé, qui lui tenaient fermement les bras. Visiblement, elle s’était vomie et pissée dessus. C’était surement la conséquence de l’odeur des zombies, des longues heures d’attente et d’un soupçon de peur.

-Faites-vous belle, lui dit-il lascivement, votre maîtresse vous attend.
Libérée de l’étreinte, qui lui avait laissé de belles ecchymoses, elle alla se nettoyer sous le regard lubrique de Rénar. Ils gravirent l’escalier menant au sommet de la tour, l’un plus péniblement que l’autre, et rejoignirent la vampire. Bathilde s’exécuta pour le plus grand plaisir de la comtesse tandis que le nécromancien levait les yeux au ciel tout en se demandant combien de temps cela allait encore durer.

-Au risque de radoter, persifla le sorcier, votre seigneurie peut-elle nous informer de ses plans ?

-Je n’ai aucun compte à rendre Rénar et je vous trouve bien impatient pour quelqu’un ayant l’éternité devant lui, morigéna-t-elle. Mais si vous tenez absolument à savoir mes intentions, sachez que je compte trouver le moyen de ramener Âhmosis à la vie. Par la suite, nous attendrons que mon père daigne venir me défier en personne.
Il fut déconcerté par les propos qu’il venait d’entendre. Le prêtre-liche avait été annihilé suite au dérapage d’un de ses sorts et il ne restait plus rien de son corps momifié. S’il était possible de le faire revenir, c’était largement au-dessus de ses capacités. Rénar connaissait des personnes capables de le ressusciter mais cela impliquerait de rendre des comptes. À cette heure-ci, ils auraient déjà dû être sur le front pour aider le seigneur Vlad Von Carstein à contrer l’invasion des forces du Chaos.

-Je m’en vais de ce pas chercher des ouvrages qui traitent du sujet, déclara-t-il.

Lenore jubilait, encore un peu de patience et elle pourrait se mesurer à son père. Elle pensa à la manière dont elle allait le tuer. Elle désirait quelque chose de lent et douloureux, qui puisse laisser libre cours à sa créativité. La vampire ne voulait pas le tuer trop vite et elle se souvenait qu’elle avait mal maitrisé sa force contre Klaus. Afin qu’il n’y ait aucune fausse note lors de sa vengeance, il lui fallait un sujet d’expérience. Elle se tourna vers Bathilde avec un sourire radieux avant de lui lancer :

-Décidément, tu ne cesses de m’être utile !

La servante répondit par un sourire franc, pensant qu’elle était complimentée pour la sublime coiffure qu’elle venait d’achever.

Quelques jours plus tôt

Parkrit Gratte-le-fer  se hâtait de rejoindre la caverne dans laquelle le prophète-gris Viskis avait fait ses appartements. Dès le repli de ses troupes du village, ils avaient retrouvé le monde souterrain tout en refermant les différentes entrées. Il espérait que de nombreux soldats avaient tenté de les poursuivre et était mort ensevelis. Il avait laissé quelques troupes de clans inférieurs, des gêneurs potentiels, dans les tunnels pour laisser le temps au sapeur de faire leur travail.

La bataille avait été couteuse mais les pertes étaient vite comblées chez les skavens et le jeu en valait largement la chandelle. Les coureurs d’égouts, des spécialistes de l’infiltration qu’il avait loué une véritable fortune, avaient merveilleusement bien accompli leur mission. Lors de la mise à sac de la chapelle d’Arschlick, ils avaient fait main basse sur l’armure Doomstern et sur des plans de tank à vapeur de l’Empire. Il se demanda s’il allait subir une contre-attaque puis se souvint que cette armée comptait aller se frotter aux choses-mortes. Ces humains deviendront bientôt des choses-mortes eux-aussi, pensa-t-il. Il n’y avait donc rien pour gâcher son plaisir, Parkrit exaltait.

Sa queue frétillait comme jamais, son heure de gloire était venue il le sentait. Il allait se débarrasser d’un ennemi et sa fortune allait croître de manière exponentielle en vendant les plans au clan Skryre. Il tenta d’évaluer la somme qu’il pouvait percevoir mais perdit vite le compte. Cela suffirait amplement à quadrupler ses forces de départ et à se tailler un nom. Par la suite, il ne lui suffirait que de quelques campagnes fructueuses et de quelques « accidents » chez ses rivaux et il pourrait fièrement siéger au conseil des treize.

Son impatience était si grande que pour faciliter son avancée, dans les méandres labyrinthiques qui composaient cette partie de la montagne, il avait sorti son pistolet à malepierre et n’hésitait pas à tirer sur les esclaves qui entravaient son avancée. Les tirs étaient hasardeux, car il tenait le pistolet d’une main, de l’autre cette lourde armure et ce en courant, mais lorsqu’il touchait la victime ne se relevait jamais. La vermine tentait tant bien que mal de s’écarter de son chemin et ceux qui moururent piétinés par leurs congénères furent assez nombreux pour que cela se remarque. Mais que vaut la vie d’un esclave ? Il y en aurait d’autres pour les remplacer.

Devant les appartements du prophète gris, il attendit que la sueur, qui coulait le long de ses poils, sèche. Les gardes le laissèrent passer sans poser la moindre question car il les avait grassement payés. Le vieux skaven ne fut absolument pas troublé de le voir ou du moins il le cacha fort bien. Gratte-le-fer s’inclina bien bas, tout en aplatissant sa queue et ses oreilles en signe de sujétion.
-Salutations Ô puissant et révéré seigneur des maléfices, fléau des choses-barbes, grand inquisiteur, général qui extermine les lâches, maître des potions, abomination aux mille visages et grand trésorier.

-Que me vaut le déplaisir de votre venue ? répondit sèchement Viskis.

Le technomage se mordit la lèvre, visiblement la flatterie ne lui serait guère utile face à lui. Il prit une voix mielleuse tout en montrant l’armure.

-Un cadeau pour vous ! minauda-t-il. Une jolie armure pour vous qui aimez les belles choses. Elle est un peu grande car elle appartenait à un elfe mais si vous l’essayez je me ferais une joie de noter ce qui ne va pas et de la faire ajuster parfaitement à votre immense grandeur.

Cette fois, cela semblait marcher ! De fait, une légère expression de contentement s’affichait sur le visage de l’interlocuteur.

-Je pense que vous avez moins l’œil que moi à ce sujet, rétorqua l’homme-rat en se massant le bout de sa queue endolorie, et puisque nous sommes un peu près de la même carrure, essayez là pour moi !

-Je… Euh… Je…  balbutia Parkrit. Cette armure ne sied qu’à quelqu’un de votre importance, je la souillerai si je devais la porter.

-Vous allez la porter, insista l’autre.

Il  claqua des doigts et une douzaine de soldats, très bien équipés, firent leur apparition. Avant que Parkrit Gratte-le-fer ne puisse réagir et encombré par l’armure, il fut encerclé. Viskis psalmodiait une incantation et le technomage comprit que sa seule chance était d’enfiler l’armure. Il connaissait la puissance des sorts du prophète gris et il ne valait mieux pas en être la cible, il s’exécuta à contrecœur.  Une forte odeur de musc se répandit dans la salle,  ce qui signalait ô combien il était effrayé. Cependant, il ne se passait absolument rien et il commença à penser qu’il pouvait s’en sortir. Un nouveau claquement de doigts signala aux soldats qu’ils pouvaient disposés. Maintenant qu’ils n’étaient plus que deux et même si cela ne se faisait pas de la façon dont il l’avait espéré, c’était sa dernière chance d’abattre son ennemi. Il lui fallait un plan rapidement.

Soudain, il se mit à éternuer. Un mélange de sang et de liquide noirâtre dégoulina de ses narines. Il se frotta fort le museau et ce faisant constata que les poils de ses mains commençaient à tomber. Il ne put retenir un couinement craintif lorsqu’il comprit que le maléfice de Doomstern faisait son œuvre. Ses ongles se détachèrent un à un, sa peau cloqua et laissait suinter la même substance qui avait coulé peu de temps avant. Ensuite, ses dents se déchaussèrent et tombèrent en poussière pendant que ses gencives fondaient en grésillant. Il commença à avoir des mouvements incontrôlés comme si son corps ne lui obéissait plus puis une immense douleur lui saisit les entrailles. Il avait si mal qu’il gratta son visage encore et encore, avec ses doigts dépourvus d’ongles, jusqu’à s’arracher des lambeaux de peau et se crever les yeux. Il se mit à vomir abondamment lors de grands spasmes et tomba raide mort.  Le corps se liquéfia et disparu. Désormais, il ne restait plus que Doomstern aussi rutilante que s’il ne s’était rien passé.

Viskis se pencha au-dessus de là où aurait dû se trouver le corps et soupira :

-Comment avez-vous pu sincèrement penser que je n'étais pas au courant de vos plans et des pouvoirs de cette armure??  Il marqua un temps d’arrêt avant de reprendre. Les effets que j’ai pu voir pourraient fortement intéresser le clan Pestilens. Ils verseront une belle somme pour l’expérimenter sur des esclaves et en reproduire les effets. Quant aux plans du tank à vapeur, ils serviront à construire de nouvelles machines qui permettront l’avènement de la race du dieu Cornu.

Pendant qu’il se parlait à lui-même, il ne vit pas l’ombre qui se déplaçait dans la salle. Une ombre qui se mouvait sans faire le moindre bruit. Il sentit un souffle chaud dans sa nuque, ce qui l’interpella et lui fit dégager une forte odeur de musc.

-Avec les compliments du clan Eshin ! susurra quelqu’un à son oreille.

Une main vint empêcher le prophète gris d’ouvrir la bouche tandis qu’une dague taillait un large sillon dans sa gorge. L’assassin déposa le corps par terre sans faire de bruit et se volatilisa après avoir dérobé quelques biens d’une immense valeur. Le cadavre fut découvert par des esclaves plusieurs heures après. Bien sûr, ils furent fouettés à mort pour cela. Les trahisons étaient monnaie courante chez les skavens et il fallait bien un coupable !
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Wilhelm Kuffner
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MessageSujet: Rapport vs Skavens   Mar 1 Déc 2015 - 20:14

























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Wilhelm Kuffner
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MessageSujet: Empire vs CV   Mar 1 Déc 2015 - 20:30















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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Rapports de batailles contés : E vs Sk puis E vs CV.   Mar 1 Déc 2015 - 23:48

Bien, je n'ai pas lu le rapport écrit parce que c'est trop long pour moi.

Par contre j'ai regardé les illustration. Tu as utilisé battle chronicler ?

C'est quand même des saloperie ces coureurs d'égouts, si l'objectif n'était pas de défendre l'objectif je pense que tu aurais gagné.

Contre les CV par contre, rien à redire, tu t'es fait roulé dessus. Moi j'ai aussi l'habitude de subir ça contre eux, ils sont littéralement maudits

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Wilhelm Kuffner
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MessageSujet: Re: Rapports de batailles contés : E vs Sk puis E vs CV.   Mer 2 Déc 2015 - 1:37

Je suis graphiste, donc, pour les illustrations, j'ai pris ce que j'avais sous la main : Adobe Illustrator.
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Prince Calirion
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MessageSujet: Re: Rapports de batailles contés : E vs Sk puis E vs CV.   Sam 9 Jan 2016 - 16:20


Salut!

J'ai lu l'intégralité de ton rapport de bataille, ça a été un vrai plaisir .

Premier point, tu as une belle plume, c'est bien écrit je trouve.

J'ai énormément apprécié tout le côté réaliste de ton texte, c'est l'image que je me fais d'une armée en campagne. Tu nous permets de s'immerger complètement dans l'histoire, on s'imagine très bien le cadre, c'est top!

Pour ce que ce soit parfait (je chipote hein), il y a quelques mots manquants et l'ajout de photos aurait été au top du top.

Un grand merci à toi pour ce partage fort plaisant!
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MessageSujet: Re: Rapports de batailles contés : E vs Sk puis E vs CV.   

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Rapports de batailles contés : E vs Sk puis E vs CV.
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