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 Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard

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Von Essen
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Ven 9 Juin 2017 - 16:49



DERNIERES NOUVELLES D’ALTDORF

Complot chaotique déjoué par les forces de l’ordre !


     Notre envoyé sur place, Pierre-Patrick d’Aquitaine, raconte :
     Oui, c’est un grand jour pour la lutte contre le crime !
     Une charrette remplie d’explosifs conduite par des hérétiques a explosé ce matin,
     Sans causer de dégâts majeurs !

     Sans doute initialement dirigée vers le Grand Temple de Sigmar, cette charrette faisait partie d’un
     Odieux complot fomenté par des hors-la-loi qui croupissent désormais en prison !
     Moult remerciements sont adressés aux démineurs nains qui ont déjoué l’attaque,
     Mille mercis au guet d’Altdorf et aux chevaliers du Griffon qui ont jugulé l’incendie,
     Et gloire à Karl Franz, notre empereur bien-aimé, qui a prononcé ces paroles juste après les faits :
     "Sigmar nous aura évité le pire en ce jour ! Loué soit Sigmar et nos alliés nains !"

     Certaines voix se sont élevées parmi le clergé de Verena, qui dénonce la perte de mille
     Et un ouvrages précieux, mais comme nous l’a dit l’un des illustres chevaliers sur place :
     "Ne vous fiez pas à ce qu’on raconte dans les livres ! Faites-en du papier mâché !"
     Son nom est Hrofil Halfdane, et cet homme est un héros !
     Un héros car, une fois l’incendie déclaré, il n’a pas hésité à se jeter dans le brasier, à la
     Rescousse des deux personnes présentes dans la bibliothèque d’Altdorf au moment des faits :
     Ebenezer Müller, le bibliothécaire, et Mathias Thulmann, un membre haut placé du clergé sigmarite.
     Sans aucun doute, ce jour est un grand jour, car c’est également le jour des Finales du Grand Tournoi de la Reiksguard ! N’y manquez pas !!!
 








Epreuves à pied
Douzième jour
La FINALE !

     Ce fut avec la nouvelle d’une nouvelle victoire sur le chaos que se réveillèrent les braves altdorfers et les autres résidents provenant de tout le Vieux Monde. Il fallait vivre dans la célèbre capitale pour comprendre tout le flegme dont pouvaient parfois faire preuve les citoyens : le voisinage avec des « collèges de magie » et la deuxième école d’ingénieurie de l’Empire ne pouvaient que causer des explosions intempestives et désagréables, mais auxquelles on finissait par s’habituer. Et comme cette fois-ci, la situation semblait bien sous contrôle, c’est avec un entrain sincère que tout le monde s’en alla dès le matin regarder le dernier jour du Grand Tournoi de la Reiksguard !


Prélude aux finales/acclamations des tribunes :
 






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Von Essen
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Ven 9 Juin 2017 - 19:45



     Albéric de Sérignac de la Motte d’Artois (Gromdal) contre Thelma Auerbach (Oleg von Raukov)


     Pourquoi était-il ici ? Pourquoi diable était-il ici !! Pourquoi ?!! Cette simple question résonnait comme un son de cloche dans son esprit, et pourtant, il en connaissait la réponse, et pourtant, il se la posait quand-même, car, jusque là, il avait toujours pris ce tournoi comme un jeu…
     Thelma eut un frisson involontaire en apercevant son adversaire entrer dans l’arène. C’était le plus brutal, le plus indigne de tous les participants, alors-même qu’en apparence, il serait passé pour un gentilhomme n’importe où.
     Lorsqu’Albéric vrilla son regard dans le sien, cela lui parut encore plus insoutenable, et l’ingénieure préféra revérifier l’état de son fusil.

     Sur les tribunes, on n’attendait plus que le signal. Tous les regards étaient rivés sur l’affrontement imminent : qui remportera la gloire en ce jour ? Qui mordra la poussière et devra se contenter de la place du second ? Les spectateurs eurent presque le souffle coupé, car sa Majesté Impériale donna le signal…


     Albéric fonça, fonça à toute vitesse, prenant même le risque qu’une telle vélocité soit considérée comme suspecte. Des créatures pires que lui avaient déjà été fauchées par ce fusil !
     Thelma, n’eut que le temps de tirer (0T), de recharger, de tirer (0T) ; elle aurait du prendre le temps de viser, car à l’instant suivant, elle dut tenir son fusil à deux mains pour se défendre !

     Sentant ses forces le quitter par il ne savait quelle tricherie, le vampire abattit sa lame dans un arc de cercle parfaitement vertical ; ce fusil devait céder !
     Le choc fut brutal, et les tribunes poussèrent un soupir d’ébahissement en voyant l’ingénieure… le soutenir !! (Albéric (potion d’initiative : 2T, 0B)
     L’instant d’après, la lame fut habilement détournée et un terrible coup de crosse s’abattit sur la machoire du vampire… (Thelma : test de peur réussi ! 3T, 1T annulée, 1B, 1 PV !)
Elle vit son adversaire reculer de quelques pas et dégaina « Couteau à beurre » : ce nobliau n’allait pas s’en tirer comme ça ! Thelma fonça son adversaire qui paraissait ailleurs, et frappa droit sur son pectoral, enfonçant l’acier antique qui, bizarrement pour le vampire, ne lui offrit aucune protection… (Thelma : test de peur réussi ! 2T, 2B, 1 invu, 1 PV !)
     Les tribunes virent l’ingénieure frapper encore et encore, faisant voler l’armure en éclats ! L’on s’étonna immédiatement d’un tel accès de violence, qui ne correspondait guère à la jeune femme… Intérieurement, Thelma n’était pas sûre de ce qu’elle faisait : rancœur, vengeance pour tous les autres participants malmenés par le sire de Sérignac, envie de lui faire ravaler son petit sourire suffisant… Albéric, lui, ne sentait presque pas les coups.
     Il s’en fichait même pas mal.
     Il en avait assez de ce tournoi.

     Cette garce, par contre, il voulait en finir avec.

     Ils se figèrent subitement, alors qu’il y a un instant l’ingénieure faisait reculer son adversaire sans cesse ; Thelma sentit une douleur atroce dans son ventre ; baissant son regard, elle y vit l’épée du sire de Sérignac. (Albéric : 2T, 2B, 2 PV !!!).

     Comment…

     Albéric retira doucement sa lame : la blessure serait douloureuse, mais guère fatale. Voyant Thelma s’affaisser, il la soutint immédiatement.
    « Appuyez-vous sur moi, gente dame… »





Albéric de Sérignac de la Motte d'Artois :
 


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Von Essen
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Ven 9 Juin 2017 - 22:31




Epreuves des joutes
Douzième jour
La FINALE !


     Cette fois-ci, il y eut seulement un murmure de stupeur et de ressentiment : le sire de Sérignac n’était guère le favori des spectateurs… Cependant, sa Majesté ordonna que des trompettes jouent un air triomphal afin de rassurer les foules : le combat avait été intense, mais vraisemblablement honorable, et le gagnant des épreuves à pied était désigné ! Le public, bien que fort secoué, observa dans une sorte de transe l’ascension du bretonnien à la tribune du Conseil, où une place spéciale lui fut dédiée. Bien que voilé de nuages, le soleil était déjà fort haut dans le ciel, mais l’administration de sa Majesté était formelle : la pause de midi serait dédiée à un festin en l’honneur des deux vainqueurs, et puisqu’aucun trouble ne s’était déclaré, il n’y avait point de raison de retarder la dernière joute.


     Katarina Snjegynka (Arken) contre Wilhelm Kruger (Arcanide Valtek)


     Katarina patientait dans les couloirs sous les tribunes, sourde à la rumeur des gradins au dehors. Toujours dans son armure de plates, elle observait distraitement sa lame posée devant elle. Elle n'avait jamais douté de sa performance, mais les derniers évènements lui laissaient un goût amer en bouche. Les mortels s'étaient bien battus, elle devait reconnaitre leur valeur. Mais cette finale vampirique... Cela n'avait plus de sens. Elle n'avait pas besoin d'un tournoi au centre d'une ville humaine pour défier l'un des siens. Surtout avec les risques que cela comportait...
     Elle releva soudain la tête. Ses doutes avaient trouvé un écho dans son esprit, sous la présence d'un sentiment de soutien indéfectible. Leur lien s'était fortifié au fil des siècles, et chaque émotion était partagée et comprise entre l'une et l'autre. Rubis entra silencieusement dans la pièce et vint poser nonchalamment sa tête sur l'épaule de Katarina.
     - Je reste avec toi, quoi qu'il advienne.
     - Tilla...
     La vampire se blottit un peu plus dans le cou de la chevalière et passa ses bras autour de son armure.
     - Je m'occupe de tout. Concentre-toi sur ton combat, et gagne. Laisse partir tes angoisses... Tout ira bien...
     Saphir ferma les yeux, soupira et détendit ses muscles. Elle laissa sa tête partir en arrière pour reposer sur l'épaule de Rubis. Elle ne savait pas ce qui la détendait le plus : l'aura d'apaisement de la vampire ou sa propre présence. Peu importait. Avec elle à ses côtés, tout devenait possible. Elles finirent par se séparer l'une de l'autre. La chevalière se leva lentement et saisit son épée fermement. Elle la rengaina d'un geste expert et prit son bouclier. Katarina échangea un dernier regard avec Tilla avant de mettre son heaume. Elles se firent un sourire timide, leurs yeux parlant à leur place. Rubis remit sa capuche, et dans un élan commun, sortirent vers l'arène.


     Lorsque les deux jouteurs apparurent sur l’arène, leur présence finit par captiver l’attention du public, et faire oublier tant bien que mal la mauvaise réputation du sire Albéric.

     Le ciel au dessus était devenu tout blanc ; la pluie allait tomber, sans doute. Katarina vit le sire Kruger enlever son heaume et mettre sa monture au trot : il se dirigeait à sa rencontre. La vampiresse en fit de même, et ils se croisèrent ainsi pour échanger brièvement un salut martial.
     Wilhelm essaya de scruter cette fière combattante pour y déceler une quelconque trace, un quelconque indice qui lui permettrait d’en savoir plus sur elle… Il fut simplement gratifié d’un léger sourire, ne voyant rien à part que la kislévite était sans doute aussi habile que lui, et que son armure luisait toujours aussi étrangement.
     Ils se séparèrent alors, Katarina songeant que ce chevalier avait tort de chercher la faille du regard. Il faudrait qu’il la trouve avec sa lance.


     Les deux jouteurs se mirent en position et remirent leurs heaumes. Leurs lances et boucliers leurs furent confiées par un écuyer de la Reiksguard, et par l’étrange écuyère encapuchonnée.
     Considérant qu’il n’y avait plus lieu d’attendre, Karl Franz donna le signal.

     Katarina chargea, Wilhelm en fit de même ; il y eut des cris et des encouragements, tous deux les ignorèrent. Puis, Wilhelm aperçut Albéric, siégeant en toute aise à la tribune du Conseil. Il le regardait et souriait de toutes ses dents.
     Cette seconde d’inattention, aussi infime fut-elle, lui coûta cher : il sentit la lance de Katarina rentrer dans son torse armuré, perforer l’armure, avant que la pointe ne se brise soudainement… Quelques instants plus tard, le sire Kruger s’était retrouvé au bout de la lice, se maudissant pour s’être une fois de plus laissé distraire… (Wilhelm : 1T annulée ; Katarina : 4T, 1T annulée, 3B, 1 svg, 2 PV !)
     Mais déjà son adversaire lui fonçait dessus, lame au clair… Serrant les dents, Wilhelm dégaina, rencontrant la kislévite par un furieux échange de politesses… Mais ses sens affaiblis le trompèrent : elle était bien plus rapide, plus habile, plus… expérimentée ?
     Lorsqu’il trouva la faille en perforant sa cuisse, la guerrière bloqua son épée avec son bouclier, faisant fi de la douleur : elle-même pointa crânement sa lame sous le heaume de son adversaire, lui faisant comprendre que si elle n’avait point retenu son bras, un coup d’estoc l’aurait achevé sur le champ (Wilhelm : 3T, 1B, 1 PV ! – Katarina : 5T, 4B, 1 svg, 3 PV !!!).
     Comprenant sa défaite, le chevalier de sang inclina légèrement sa tête, et Katarina le libéra de son emprise.


***


     Wilhelm ne s’attarda point sur l’arène : les sœurs shaléennes, qui auparavant s’étaient occupées de Thelma Auerbach, s’étaient rapprochées de lui et voulaient à tout prix le coucher sur une civière, mais, une fois qu’ils furent dans l’ombre, en dessous des tribunes, il les stupéfia toutes en délogeant la pointe de lance avec ses propres mains, et sans avoir démonté. Les larmes montaient déjà aux joues des bonnes sœurs, lorsqu’un autre chevalier se rapprocha d’elles et du chevalier de sang : cet homme-là, armé de pied en cap, avait l’expression grave, et se remarquait par sa cape blanche de laquelle émanait une douce lumière… Comme dans un rêve, les shalléennes virent les deux chevaliers échanger des mots qui les horrifièrent, puis, tous les deux les laissèrent plantées là, eux-mêmes se dirigeant vers la sortie.

     Ils traversèrent la cité sans que personne ne les arrête, aucun des rares passants ne pouvant supposer que l’un des deux chevaliers représente un danger, au contraire : il y eut quelques regards surpris, car l’armure du chevalier rouge semblait fort abimée. Le sang avait cessé de s’écouler de la blessure.

     Ils ne s’arrêtèrent que lorsqu’ils furent en rase campagne, loin de la ville. Silvère de Castagne voulait en finir : le tournoi n’avait que trop duré, et bien qu’il eût une étrange estime pour cet être maudit, il ne pouvait davantage tolérer ainsi sa présence. Wilhelm Kruger le sentait, aussi il ne tarda pas à se placer en face de son adversaire d’antan, comme ils le firent jadis en Bretonnie, sous les regards d’une foule de chevaliers, de vampires et de revenants.

     Silvère chargea et abaissa sa lance, Wilhelm en fit autant ; le vent souffla dans les hautes herbes ; un choc effroyable et une vive lumière firent s’envoler les oiseaux. Les deux chevaliers se croisèrent, tous deux indemnes. (Wilhelm : 3T, 3B, 1 svg, 2 invus !! – Silvère : 1 T annulée)
     « Quoi ! »
     Le chevalier de sang s’exclama à voix haute, car finalement, ses doutes se confirmaient : son entrainement avait payé, ou bien le sire de Castagne n’était plus le jouteur qu’il fut dans la vallée de Frugelhofen.
     Silvère venait de dégainer ; la Dame l’avait protégé contre un coup redoutable, et il était déterminé à ne pas la décevoir. Wilhelm Kruger dégaina à son tour, et les deux chevaliers se croisèrent à nouveau. Ils échangèrent des passes furieuses, mais cette fois-ci, plus rien n’était là pour distraire le vampire. Silvère eut assez d’adresse pour le blesser sous l’aisselle, mais Wilhelm frappa avec tant de puissance qu’il enfonça simplement l’armure du bretonnien. (Silvère : 3T, 3B, 2 svg, 1 PV ! – Wilhelm : 3T, 2B, 2 PV !)
     C’est fini, se dit le chevalier de sang, quand la lueur immaculée de Silvère devint aussi éclatante que le soleil…
     « C’EST FINI !!! » (Wilhelm : 4T, 4B, 3 invus, 1 PV !!!)
     La lumière s’évanouit ; Wilhelm eut frappé tellement sur le heaume de son adversaire qu’il craignit de l’avoir tué en le voyant s’affaisser lentement. Il démonta et fit immédiatement allonger Silvère, réalisant au passage que le sire de Castagne était seulement assommé.
     Il l’avait fait, il l’avait vaincu. Désormais, de nouvelles limites s’offraient à lui. Wilhelm Kruger monta lentement sur son destrier et tourna le dos à la capitale. Katarina Snjegynka… peut-être la retrouvera-t-il un jour sur son chemin.  


     Pendant ce temps, dans le palais impérial d’Altdorf où moult invités étaient conviés…
     - Sire Dangorn ! Sire Dangorn !!!
     - Martin ? Vous avez l’air de celui qui veut me dire qu’il n’y a plus de vin !
     - Pire, sire Dangorn ! Votre cousin, je ne le vois guère parmi nous !
     - Peuh, vous savez qu’il déteste les mondanités.
     - Maismaismais le chevalier vaincu, là, ce matin !! C’est Wilhelm Kruger, c’est un des engeances vampiricques du Fort de Sang !
     - Ventresaintdious ! Que l’on fasse seller mon palefroi !! Alerte, mes amis ! Mon brave cousin s’est encore fourré un pied dans de la mélasse !!!

Wilhelm Kruger :
 


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Von Essen
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Sam 10 Juin 2017 - 13:09



Conclusions



     Au palais impérial, tous les participants et des dizaines d’invités de marque étaient réunis dans une grande salle garnie de longues tables prêtes à êtres servies. L’empereur allait commander que l’on apporte les entrées, quand un grand bruit se fit entendre du côté des bretonniens : il s’avéra que l’un d’eux, le sire de Castagne, était non seulement absent du banquet, mais pouvait en plus se trouver en situation périlleuse.
     La nouvelle d’un énième vampire démasqué sur le tard fit trembler de rage non seulement les sigmarites présents, mais aussi certains membres du Conseil : est-ce que cela allait se finir, à la fin ?! La discipline fut néanmoins appliquée comme de coutume, et les impériaux ne furent que peu devancés par les bretonniens aux écuries du palais. La cavalcade se dirigea vers la sortie avec grand bruit et fracas, et les chevaliers en tête furent les premiers à voir une cavalière les rejoindre dans les rues d’Altdorf : Robin Osbourne reconnut immédiatement dame Gaea, la demoiselle du Graal qui accompagnait Silvère.
     Les recherches furent alors grandement écourtées : guidés par la demoiselle, les chevaliers quittèrent promptement la cité et chevauchèrent jusqu’à arriver à un vaste pré guère loin de la Reikwald, où ils aperçurent le destrier de Silvère paître paisiblement auprès de son maître… endormi.
     Le sire Dangorn allait regretter de ne pas avoir de cruche d’eau pour le réveiller, quand on lui fit remarquer les terribles dégâts que présentait l’armure de son cousin. Une poignée de chevaliers s’en alla promptement dans un village voisin, afin d’y réquisitionner quelque charrette pour transporter le brave sire de Castagne. Ce dernier se réveilla alors qu’on l’y déplaçait.
     « Où est le sire… »
     Il ne termina pas sa phrase, réalisant que tous ces gens réunis autour de lui auraient des lors des reproches à lui faire. Heureusement pour lui, dame Gaea répondit pour tout le monde : « Il est parti, chevalier de Castagne. Nous nous sommes tous inquiétés pour vous. »
     La charrette s’était mise en route vers la capitale, solidement escortée ! Silvère dut parer mille et une questions qui pleuvaient sur lui, obligé de répondre, à son grand regret, que le chevalier vampire avait eu raison de lui. Son cousin lui servit quelques boutades bien senties, mais personne ne sembla vraiment lui en vouloir : un finaliste du Grand Tournoi de la Reiksguard était sans nul doute un adversaire inconcevablement puissant. Katarina Snjegynka, interrogée à ce sujet, se contente d’acquiescer : Wilhelm Kruger était très habile, en effet.
     Arrivés à la capitale, les chevaliers furent surpris de voir Silvère descendre lestement de la charrette pour aller retrouver son palefroi. On l’enjoignit de ne pas faire de bêtises, mais le vaillant sire se contenta de louer la Dame et les demoiselles qui la servent. Les bretonniens cherchèrent dame Gaea du regard, mais la demoiselle avait mystérieusement disparu, comme par magie, et la consternation générale fit sourire le sire de Castagne : le sire Kruger était sans doute un ennemi terrible, mais la Dame ne l’avait point abandonné. Les impériaux, quant à eux, s’accordèrent à dire que si ce n’était pas de l’hérésie, c’était quand même gonflé !


   


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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Sam 10 Juin 2017 - 15:07


***
 
     Albéric grimaça : toute cette agitation pour ça ! Lui qui n’attendait que la réception des prix avant de reprendre sa traque… Il demeura fort discret pendant le retour au palais, et nul ne chercha à lier conversation avec lui : son air avenant ne trompait plus personne, et c’était presque à contrecoeur que sa présence était tolérée parmi tant de gens d’honneur.

     Une fois les chevaux retournés aux écuries, les armures enlevées et les tenues d’apparât remises… un nouveau trouble survint, administratif cette fois-ci.
     L’administration, en effet, n’avait pas chômé pendant les recherches du sire de Castagne : il fallait préparer les récompenses, et les papiers officiels. Or, un problème de taille se posait à eux. L’identité du troisième champion des joutes…
     « Oui, car, voyez-vous, comme vous venez de nous dire que le sire Kruger était un hérétique, que le sire Ulrich en est un également, que le commandeur Magnan (Sigmar veille sur son âme) ne peut plus prétendre à rien du tout…
     - Eh bien ?! » - s’impatienta sa Majesté impériale.
     « Eh bien… Nous avons fait les comptes, et s’il est clair que le sire Abrams mérite amplement la seconde place, la troisième place est disputées entre trois participants ayant remporté le même nombre de victoires…
     - Et ces participants sont… ?
     - Le sire Martin Delatour, le sire Hrofil Halfdane et le baron de Joli-Tonneau.
     - Eh bien !
     - Eh bien… nous sommes bien embêtés, votre Majesté…
     Quelles bande de sots, heureusement que Sigmar veille sur eux, pensa Karl Franz avant de se tourner vers l’assemblée des convives :
     « Chers amis, chers alliés, chers invités ! Pour l’heure, mangeons et reprenons des forces ! La remise des récompenses devra hélas attendre ce soir, car, comme me le font remarquer mes braves sujets, le titre de troisième champion des joutes reste disputé entre trois de nos honorables participants ! Messeigneurs Delatour, Halfdane, ainsi que le baron de Joli-Tonneau ! »
     Les trois intéressés se levèrent immédiatement de leurs sièges : qu’allait donc leur annoncer l’empereur ?
     « C’est pourquoi, - continua sa Majesté, - qu’à moins que certains d’entre vous ne désirent y renoncer, je déclare en cette après-midi l’ouverture des Petites Joutes, ou dirais-je plutôt, des Belles Joutes, afin de vous départager ! Le titre du troisième champion sera décerné à celui qui vaincra les deux autres prétendants ! »
     Albéric se flanqua une claque sur le visage : encore un délai ? Encore un foutu délai ?!!
     Les trois participants, eux, échangèrent des regards déterminés : s’ils pouvaient combattre encore une fois, pour la gloire, l’honneur et la récompense promise, ils le feraient sans hésiter.





Belles joutes
Douzième jour


     Comme cette décision avait eu lieu sans crier gare, il n’y eut point d’affiches pour avertir le bas peuple. Mais comme le cortège impérial ne pouvait guère passer inaperçu, il ne fallut guère trop de temps pour que la rumeur se répande telle une trainée de poudre, et les tribunes furent occupées petit à petit, la garde jugulant l’afflux irrégulier de spectateurs.


     Martin Delatour (Dangorn de Castagne) contre Hrofil Halfdane (Oleg von Raukov)


     4000 Karls d’or n’étaient point une petite somme, mais il fallait croire que l’argent n’était guère le principal motif des trois jouteurs qui allaient s’affronter sous les regards admiratifs du Conseil et du bon peuple. Martin Delatour et Hrofil Halfdane se saluèrent sommairement avant de se mettre en position, armés de pied en cap, déterminés à faire honneur à leurs patries et leurs divinités respectives.

     Le signal, qui ne l’écuyer, ni le grand maître ne pensaient revoir la veille, fut donné, et ils chargèrent au grand galop ! Martin apprêta son arbalète, Hrofil abaissa son trident ; le carreau d’arbalète fusa, mais rata sa cible (0T), après quoi Martin n’eut que le temps de dégainer…
     Une vive lueur surgit au moment de l’impact, causant une fois encore une vive agitation dans les tribunes bretonniennes. Les deux jouteurs, cependant, atteignirent les bouts de la lice, et le sire Dangorn vit son brave écuyer fort mal en point : une épaulière avait tout bonnement été arrachée, et trois profondes entailles parcouraient l’épaule de Martin. (Hrofil : 4T, 1T annulée, 3B, 1 invu, 2 PV ! – Martin : 4T, 1B, 1 svg).
     « Tiens bon Martiiiiiiiin !!! »
     Il fallut que l’on retienne le brave comte Dangorn, qui dans son agitation manquait de chuter des tribunes à chaque seconde.

     Chose étonnante, Hrofil vit son adversaire saluer son suzerain, alors même qu’il devait souffrir mille douleurs. Le grand amiral ne put que respecter tant de vaillance, mais chargea néanmoins en dégainant son sabre d’abordage.
     Les deux jouteurs se recroisèrent et échangèrent d’habiles passes d’armes, sans pour autant ouvrir leurs gardes respectives (Martin : 1T, 1B, 1 svg ! – Hrofil : 3T, 0B). Cependant, la perte de sang commençait à faire perdre des forces au courageux bretonnien (1T, 0B), alors que son adversaire, lui, frappa fort et juste ! (Hrofil : 2T, 1B, 1 PV !)
     Bien trop affaibli, Martin finit par concéder la victoire au chevalier aux mille coquillages.



     Hrofil Halfdane (Oleg von Raukov) contre le baron de Joli-Tonneau (Calidus5)


     Alors que les bonnes sœurs accompagnaient le brave écuyer à la sortie de l’arène, le baron de Joli-Tonneau demanda à l’administration s’il devait descendre immédiatement dans l’arène, ou si un temps de pause était prévu entre chaque combat. Le sire Dangorn, qui était juste à côté, cria sans aucune cérémonie qu’il fallait conduire la joute séance tenante, pour la Bretonnie, pour la Bretonnie et encore pour la Bretonnie ! Les fonctionaires (intimidés par tant de fougue) se tournèrent alors vers l’empereur, qui, sans cérémonie aucune, cria simplement en direction de l’arène : « Seigneur Halfdane !! Seriez-vous prêt à enchainer sur la joute suivante ?!!
     Tout le monde entendit « Qu’il y vienne !!! », ce à quoi Sa Majesté sourit avec fierté et invita le baron à y aller.

     Une fois en place, Joli-Tonneau, soupesa bien sa lance : cette fois-ci, la charge se devait d’être décisive. Le signal tant attendu arriva, et les deux chevaliers chargèrent.
     A mi-distance, la dent de dragon du chevalier du Graal s’activa, projetant un immense cône de flammes sur son adversaire ! Hrofil se protégea avec son bouclier, relique en peau de wyrm des mers, et la puissance draconique du bouclier le protégea de la puissance draconque de la lance. (10T ! 5B, 5 svg !)
     Les deux jouteurs se rencontrèrent de plein fouet, et une fois de plus, une vive lumière s’interposa ! Craignant toutefois le pire, les bretonniens tentèrent d’y voir plus clair… et virent le vaillant baron indemne, alors que le grand amiral venait d’atterrir lourdement sur le sable de l’arène, sévèrement amoché !!
     (Hrofil : 3T, 2B, 2 invus ! – le baron : 2T, 2B, 1 svg, 1 T, 1B, 0 svg, Blessures multiples : 4 PV !!!!)

     Hrofil regarda le ciel ; il avait l’impression qu’un dragon venait de lui rentrer dedans.Il fut toutefois réconforté par l’attention des sœurs shalléennes qui arrivèrent le soigner, et se dit qu’après un bon bain, il irait beaucoup mieux.



     Le baron de Joli-Tonneau (Calidus5) contre Martin Delatour (Dangorn de Castagne)


     Parmi les bretonniens, c’était la liesse générale : le baron venait enfin de montrer au monde entier ce que valait la Bretonnie en lice ! Le sire Gottlichglück, tenant du titre de second champion, s’en sentit presque éclipsé, mais juste un peu ; il se joignit bien vite aux réjouissances de ses compatriotes.

     Au grand étonnement (et pour en rajouter à l’euphorie collective), l’on vit Martin Delatour reparaitre sur les tribunes : bien qu’encore un peu pâle, il était miraculeusement indemne ! Lorsque l’on l’interrogea sur son rétablissement éclair, il se contenta de répondre que la Dame veillait sur les siens, ce qui fit sourire les deux cousins de Castagne.
     Le titre du troisième champion était toujours en jeu : le baron de Joli-Tonneau devait remporter une victoire sur l’écuyer pour y prétendre… Apprenant la nouvelle, Martin répondit crânement qu’il était prêt à affronter le baron sur le champ, afin de ne pas lui rendre les choses faciles ! Il croula sous les hourras des bretonniens, et même les impériaux, bien que réticents à encourager un estranger, saluèrent cette détermination guerrière.
     Lorsque l’on proposa une autre armure à Martin, il refusa : il avait trop l’habitude de la sienne, et une armure inconnue lui aurait certainement entravé les mouvements.

     Ce fut ainsi que chevalier du Graal et écuyer se refirent face. Fort ému, l’empereur donna le signal, et les montures partirent au galop. Se préparant au souffle ardent, Martin apprêta son bouclier, et grand bien lui en prit ! Un GIGANTESQUE cône de flammes surgit de la lance du baron, se projetant jusqu’aux tribunes et faisant roussir les cheveux de quelques bretonniens ! (12 T !! 3B, 2 svg, 1 invu !) Le carreau de l’écuyer fut simplement réduit en cendre dans le brasier (0T).
     Presque immédiatement, les jouteurs se croisèrent, la lance du baron visa juste, et le brave Martin fut expédié de sa selle ! Il sentit à peine son épée entailler le bras armé de son adversaire, puis ce fut le choc, bien qu’amorti, contre le sable de l’arène.
     (Martin : 3T, 2B, 1 invu, 1 PV ! – le baron : 3T, 3B, 2 svg ; 1T, 1B, 0 svg, Blessures Multiples : 3 PV !!!!)

     Ce fut comme si la légende resurgissait devant leurs yeux. Exubérants tel des enfants, les bretonniens dévalèrent les gradins pour aller porter les deux combattants, que ce soit à l’hospice ou à la salle des festins, mais qu’il y ait du vin, de la viande et des donzelles !! Les impériaux, également bouleversés par une telle joute, se dirent qu’ils eurent de la chance d’être venus ici en ce jour, et qu’il y aurait de quoi alimenter les discussions de taverne pendant les semaines, voire les mois à venir. Sa Majesté Impériale Karl Franz, peinant à se faire entendre dans le joyeux vacarme, proclama le baron de Joli-Tonneau troisième champion des joutes, et invita tous les participants à se rendre une fois de plus au palais, où la cérémonie des prix allait enfin de produire.



cheers



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Von Essen
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Sam 10 Juin 2017 - 17:36





     Une grande salle avait été spécialement aménagée pour l’occasion, lumineuse et ornée d’un tel nombre de bannières que les murs étaient totalement dissimulés ! Sur deux estrades des deux côtés de la salle, un orchestre accompagna la chorale du clergé sigmarite, qui interprêta une musique solennelle, pendant laquelles les champions s’avancèrent pour recevoir leurs récompenses.







     Vainqueurs officiels des épreuves des joutes :

     1. Katarina Snjegynka (non démasquée !)
     2. Abrams Gottlichglück
     3. Le baron de Joli-Tonneau


    Vainqueurs officiels des épreuves à pied :

     1. Albéric de Sérignac de la Motte d’Artois (non démasqué !)
     2. Thelma Auerbach
     3. Robin Osbourne


     Chacun des six champions se vit offrir un coffre de taille variable, et ils y découvrirent des centaines de pièces sonnantes et trébuchantes... La chorale et l’orchestre arrivèrent à la fin de leur prestation, et Sa Majesté Impériale rappela les autres récompenses promises : les vainqueurs des épreuves à pied avaient le droit de choisir n’importe quel destrier des écuries impériales, et les vainqueurs des joutes recevaient un décret officiel, à leur nom, les autorisant à fonder un nouvel ordre de chevalerie. De plus, - rappela-t-il, - chaque champion pouvait prétendre à un office de maître d’armes au sein de la Reiksguard !
     Kurt Hellborg, Heinrich Reinhardt et Narcisse Gentevigne scrutèrent les participants avec curiosité. La parole était donnée aux vainqueurs, et toutes les personnes assemblées, de fait, attendaient impatiemment ce qu’ils pourraient bien annoncer.
     Katarina Snjegynka fut la première à s’exprimer. D’une voix claire et posée, elle prononça :
     « Je retourne combattre des démons au Kislev. Que l’on me laisse en paix, car là où je vais, j’y vais seule. »

     Un silence de mort tomba sur la grande salle. Le Conseil et les illustres seigneurs bretonniens, pris de court, entendirent alors quelques applaudissements provenir de l’assemblée. Le geste fut vite répété aux alentours, et bientôt, toute la salle résonna d’encouragements et d’acclamations diverses. Katarina salua l’assemblée et le Conseil d’un hochement de tête, souleva son coffre (qui devait peser au moins son propre poids) et s’en alla avec, franchissant la grande salle sous les regards ébahis des impériaux et des bretonniens.

     L’on sut plus tard qu’avant de quitter la ville, la guerrière fit l’acquisition d’une simple charrette en bois, à laquelle elle attela son cheval, et d’un magnifique poulain qu’elle acheta à prix d’or au Reiksmarkt. La charrette transportait le coffre d’or, la kislévite marchait auprès des deux montures, tenant les deux nobles animaux par la bride. Elle fut même acclamée à la sortie de la ville, les gardes reconnaissant l’impressionnante championne du tournoi.

***

     Abrams Gottlichglück fut plus éloquent, annonçant qu’il s’était bien amusé lors de ce tournoi, ce qui lui valut moult applaudissements de la part des bretonniens. Il déclara ensuite qu’il se considérait encore trop jeune et épris de liberté pour endosser de hautes responsabilités, et qu’il allait revenir au pays, dans l’espoir que sa gloire naissante lui vaudrait la promotion en chevalier de royaume auprès de son seigneur. Ce discours-là plut également aux illustres sires et autres chevaliers, et même les impériaux ne furent que moyennement contrits, saluant cette preuve de patriotisme et de loyauté. Le sire Abrams souleva alors son coffre d’or, parvenant, bien que fort essouflé, à le ramener vers une place libre parmi ses compatriotes.

     Le baron de Joli-Tonneau, fort enjoué, salua bien fort toutes les personnes présentes dans la salle et adressa tous ses respects au Conseil et à l’empereur. Il annonça ensuite qu’il ne savait pas encore ce qu’il allait faire avec son or, mais qu’il était certain qu’il ne rejoindrait point la Reiksguard, ni ne fonderait un ordre de chevalerie, se considérant déjà comme membre des élus de la Dame du Lac. Ne sachant plus trop quoi rajouter, il salua une deuxième fois les grands de l’Empire, avant d’aller s’asseoir avec son coffre auprès des bretonniens.

***

     Albéric de Sérignac vit les expressions des mortels se muer en grimaces lorsqu’il prit la parole, ce qui le raffermit dans son mépris pour eux. Il eut cependant assez de bon sens pour ne point adopter de ton railleur, et annonça qu’il comptait lui aussi rentrer au pays, et qu’il ne voulait guère s’embarrasser d’un nouveau cheval, considérant que le sien, bretonnien, était bien meilleur !
     Quelques poings se crispèrent, et ce fut dans un silence tendu que le chevalier quitta la grande salle avec son coffre, la tête levée haute. Comme s’il allait prendre des gants avec ces gens-là, il avait bien mieux à faire…

     Le discours de Thelma fut accueilli avec une bienveillance qui crevait les yeux, tellement l’assemblée semblait soulagée du départ d’Albéric. L’ingénieure annonça qu’elle acceptait avec plaisir de choisir une monture de la Reiksguard, sans doute bien plus docile qu’un tank à vapeur ! La boutade acheva de détendre l’ambiance, et Thelma conclut sur sa décision de continuer dans son domaine de prédilection : la création de nouvelles armes redoutables pour la gloire de l’Empire !
     Ce fut au tour des bretonniens, frileux face aux nouveautés, de tiquer, mais ils se joignirent de bonne grâce aux applaudissements chaleureux du Conseil et des impériaux.

     Robin Osbourne, se déclarant last but not least, comme ils le disaient chez lui en Albion, assura l’assemblée que lui aussi avait bien apprécié le tournoi, et qu’il avait bien l’intention d’illuminer la capitale avec ses spectacles pyrotechniques une fois la nuit venue ! Il annonça également qu’il était fort intéressé par les travaux de Thelma (moult bretonniens levèrent un sourcil dubitatif) et qu’il apprécierait grandement de visiter l’Ecole d’Ingénieurie d’Altdorf, et peut-être même, si possible, de monter dans un tank à vapeur…
     Le brave shérif finit par être applaudi également par les bretonniens et les impériaux, tout le monde ce demandant ce qu’ils pouvaient bien consommer en Albion pour produire de si étranges et joyeux énergumènes.

     Sur ces entrefaites, Karl Franz déclara la fin de la cérémonie de remise des prix, et le début imminent d’un grand bal, laissant aux participants et aux invités quelques trois heures pour apparaître dans leurs meilleurs atours !


***
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Sam 10 Juin 2017 - 19:49




     Dans la chambre qui leur avait été attribuée dans le palais impérial, le couple Boisserands se préparait pour le bal du soir. Par la fenêtre, on pouvait contempler les derniers rayons de lumières orangés que l’astre solaire distribuait toujours en cette heure tardive.
     Tout le long de leurs préparatifs, les gisorois avaient discerné de l’activité dans les chambres alentours alors que d’autres nobles ou participants se préparaient avec ferveur dans le même temps. Apparemment, l’effervescence était déjà palpable alors que les festivités n’avaient même pas encore commencées. Ils entendaient même parfois des couples s’insurger à corps et à cris pour des broutilles. Jusque-là c’était plutôt classique avant une soirée importante, mais ces petites échauffourées firent plus sourire les Boisserands qu’autre chose. En effet, ils se souvenaient tendrement d’un temps où ils passaient par les mêmes disputes.
     Nostalgique, Eléonore, qui était en train d’arranger ses cheveux nattés, se tourna vers son mari avec un léger sourire après un énième cri indigné venant du plafond.
     « Dites donc, ces jeunes tourtereaux là-haut ont plus besoin de passer la soirée à se parler de leurs problèmes conjugaux que de se préparer à un bal.
     - N’oubliez pas que vous m’avez ignorée pendant toute une soirée il y a dix-sept ans parce que j’avais eu l’audace de vous faire une remarque sur le choix de votre robe le soir venu.
     - Il est vrai, gloussa-t-elle. Et vous vous êtes rattrapé le lendemain avec une balade dans les bois. Cela avait malheureusement dû être écourté par un raid d’hommes-bêtes, mais le moment fut agréable pour le temps qu'il avait duré. »
     Le vieux couple se mit à sourire en se lançant un de ces regards simple mais qui pourtant signifiait bien plus. Ensuite, Roland soupira longuement alors qu’à son tour des souvenirs lui revenaient par bribes. Maintenant qu’il y pensait, ils n’avaient jamais vraiment connu la « routine » que d’autres couples devaient surmonter. Leur vie était trop mouvementée pour cela. Mais malgré tout, c’était toujours ces petits détails de ce qui restait de leur quotidien qui lui amenait invariablement le sourire. Comme quoi.
   
     La gisoroise, qui avait maintenant terminée de se préparer, portait ainsi une robe simple de couleur bordeaux. Mais rien qu’avec cet atour, elle avait l’air dans son élément comme toujours. Comme si elle arrivait à transformer tout ce qu’elle portait en tenue de bal dont elle avait l’habitude de se vêtir depuis des années.
     Eléonore étudia alors son époux. Ce dernier avait décidé de garder sa cotte de mailles sur laquelle il avait passé un tabard blanc et rouge orné d’une tête de cerf. Son épée pendait à son flanc, indécrochable, l’objet et son propriétaire étant comme indissociables. Sa tenue était sobre, militaire et principalement là pour rappeler à tous son rang de chevalier du Graal. Elle était à l’image de son porteur donc. La gisoroise se fit la réflexion que pour une fois il n’avait pas pris son heaume cornu, c’était une amélioration par rapport à d’habitude.
     Voyant que son mari avait du mal à attacher un de ses gants, Eléonore s’en alla l’aider. Après quelques minutes supplémentaires pour s’assurer que tout était en place, les deux gisorois étaient prêts.
     « Tout de même Roland, dit Eléonore tout en époussetant un peu l’épaule du chevalier pour aplanir le tissu. Vous vous rendez compte que vous êtes plus lent qu’une dame quand il s’agit de vous préparer pour une soirée ?
     - Trop lent ? Ma chère, c’est vous qui êtes trop rapide. Si je ne vous connaissais point, je vous soupçonnerais d’user de magie pour vous aider dans la tâche, rétorqua Roland avec un sourire en coin. »
     Eléonore leva les yeux au ciel avec amusement devant cette remarque emplie de mauvaise foi à peine cachée.
     « Allez, plutôt que de raconter de telles sottises, nous avons à nous mettre en route. Le bal ne va pas nous attendre et je n’entends plus le couple qui était si turbulent à l’étage. Ils doivent déjà être parti. Donc, allons ! »
     Avec un petit rire, Roland présenta son bras à sa dame qui le prit avec déférence et ils quittèrent leur chambre aussitôt.


     Après quelques minutes passées à traverser couloirs éclairés du palais, le couple arriva devant la grande salle des bals. Ils furent annoncés aussitôt à l’assemblée et une bonne partie des invités levèrent leurs verres au nouveaux arrivants - surtout des bretonniens d’ailleurs.
     L’endroit était certes magnifique, mais les Boisserands ne furent pas totalement conquis par l’excès de dorure et de tissus rouges et or qui emplissaient la salle. Ils préféraient le style plus sobre et coloré affiché dans leur pays natal. Mais, comme l’orchestre jouait une balade typique de Couronne, il se sentirent un peu chez eux et cela fut suffisant pour leur faire se dire que la soirée allait être agréable en fin de compte.
     Tandis qu’ils se dirigeaient vers les seigneurs bretonniens qui leur faisaient de grands signes pour les inviter à les rejoindre près du buffet – et surtout des tonneaux de vins – Eléonore remarqua que le regard de son mari se perdait dans la foule. Elle tenta d’apercevoir à son tour l’élément qui troublait son époux, mais en vain.
     « Ne me dites pas que vous cherchez ce rustre de Sérignac ici ? De tous les endroits imaginables, c’est bien ici qu’il ne serait pas.
     - Je sais, je sais, soupira Roland. Mais je n’arrive pas à m’enlever de la tête que quelque chose cloche avec ce maudit…
     - Roland.
     - Oui pardon, ne pas m’emporter j'en conviens. »
     Eléonore resserra son étreinte sur le bras de son mari pour attirer son attention.
     « Oubliez-le. Juste pour une soirée. Il ne mérite pas que vous ruiniez vos nuits et vos loisirs à penser à lui alors qu’il se moque de vous.
     - Certes, marmonna Roland.
     - Promettez-moi d’essayer au moins.
     - D’accord, mais uniquement si vous me rassurez sur un point.
     - Lequel ? demanda Eléonore avec curiosité.
     - Vous avez bien votre dague sur vous ? »
     Eléonore s’arrêta presque de marcher en regardant Roland comme un étranger inconnu.
     « Par la Dame, Roland, vous ne me connaissez donc si peu ? … J’en ai deux sur moi, vous le savez bien, non ?
     - Dans ce cas, me voilà rassuré, répondit Roland qui avait retrouvé le sourire. Je préfère être prêt à toute éventualité.
     - Oui, je le sais, ressassa Eléonore pour taquiner son époux. Mais maintenant, nous avons une bouteille à déguster d’après ce que je vois entre les mains de nos compatriotes. »
     Le couple partit ainsi rejoindre les bretonniens en liesse sous un fond musical enjoué.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Dim 11 Juin 2017 - 1:17


* * *


     Engoncé dans sa nouvelle armure achetée à prix d’or une heure plus tôt, Albéric contemplait les toits d’Altdorf, qui baignaient dans la douce lumière dorée d’un soleil de début de soirée. Depuis son perchoir, le vampire se morfondait.

     Dès qu’il l’avait pu, il s’était éclipsé de l’ennuyeuse célébration, quoique les regards des mortels lorsqu'il avait refusé le destrier impérial l’avaient fort amusé.
     Il avait tout de suite investi son argent dans une nouvelle armure de très bonne facture, si bonne qu’il en avait été impressionné. Les forgerons impériaux n’étaient pas à sous-estimer, finalement. Pour tout dire, son ancienne armure de plates avait été rendue définitivement inutilisable par les coups répétés de son adversaire de la matinée, à l’arme mordante… et aux amulettes impies. Car il avait senti ses forces diminuer lorsqu’il s’approchait d’elle, alors que les coups de cette dernière avaient recelé une force bien supérieure. Seule sa volonté de fer avait pu le sauver, et il savait au fond de lui-même qu’il avait frôlé la catastrophe, et même la mort, de très peu.
     Mais c’était dans ces moments que l’on se sentait vraiment vivant ! Quand la frontière de la mort se faisait si tangible qu’elle donnait l’impression d’être palpable… C’était là qu’on mesurait la véritable valeur de la vie. Et cela faisait partie du jeu, après tout le Tournoi n’interdisait pas explicitement les objets enchantés, et la demoiselle avait habilement joué avec cette règle. Il ne pouvait que la saluer pour avoir trouvé une si bonne stratégie…

     Or, Albéric aurait aimé continuer dans cette lancée et se lancer à la poursuite de son mystérieux espion. Mais il sentait qu’il ne le trouverait pas, pas maintenant.
     Il s’était arrêté devant la maison qui abritait sa proie, mais contrairement à hier, il l’avait sentie vide. Le vampire savait qu’il n’aurait trouvé personne à l’intérieur s’il était entré, à part peut-être quelques pièges magiques, destinés à de moins malins que lui.
     Non, il lui fallait attendre, attendre le retour de son adversaire, au plus profond de la nuit. Telles étaient les règles de la chasse.

     Mais que faire en attendant ? Albéric s’ennuyait, et il n’aimait pas s’ennuyer.

     Soudain, il eut une idée.


* * *


     Le bel Altdorfer, magasin de haute couture pour les nobles de la cité impériale, s’apprêtait à fermer. Derrière le comptoir, Bruno Schnedtler s’apprêtait à vider les recettes de la journée lorsqu’un jeune homme en armure entra en trombe dans son établissement et posa un coffre sur le comptoir dont le doux tintement ne put tromper le marchand. Lorsqu’il leva la tête pour regarder le propriétaire du coffre, ce dernier le regardait droit dans les yeux.
     « Donnez-moi vos plus beaux vêtements. »




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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Dim 11 Juin 2017 - 14:10


    Quelques heures plutôt, alors que le soleil était encore haut dans le ciel…

    Elle avait quitté la ville sans même attendre la fin de l’ultimatum. Elle savait très bien ce qui l'attendait si elle se présentait devant la Comtesse. Elle préférait perdre le peu qu’elle avait et rester en vie. Elle devrait se cacher pour les prochaines décennies, voire les prochains siècles, mais c’était toujours mieux que les limbes. Si seulement cette idiote avait pu rester en vie, elle ne serait pas tombée en disgrâce…
    Elle s’arrêta soudain, guidée par un mauvais pressentiment. Elle avait couru une bonne partie de la journée dans les forêts de l’Empire pour s’éloigner le plus possible de la capitale. Salira avait beau être réputée pour retrouver ce qu’elle voulait, les bois restaient l’endroit privilégié pour la semer. Mais elle sentait qu’un nouveau danger la guettait. Pourtant un pâle jour s’était levé, et même si les frondaisons la gardaient à l’abri du soleil, la plupart des prédateurs étaient normalement au repos, en attendant la prochaine nuit. Peu rassurée, elle reprit sa course. Qu’importe la créature que c’était, elle pouvait sans doute la distancer, et sa dague était à portée de main.
    Elle perçut un mouvement furtif à droite. Elle tourna la tête. Trop tard. La chose venait de passer à sa gauche. L’angoisse montant, elle accéléra encore. Elle retint un accès de panique en sentant quelque chose de massif derrière elle. Elle se stoppa net en arrivant dans une clairière ombragée. Un loup noir lui faisait face. Une meute de loups ? Voilà ce qui la pourchassait ? Elle sentit un soulagement traverser tout son corps. Cette histoire l’avait mise sur les dents, elle prenait peur pour un rien… Elle sortit sa dague et fronça les sourcils. Le loup restait assis, et la regardait fixement, avec des yeux plus rouges que le sang. L’angoisse revint au triple galop. Quelle était cette… Elle ouvrit de gros yeux quand il se métamorphosa.
    - Décidément, les citadins ne savent pas se déplacer en forêt. Sais-tu sur combien de fourmilières tu as marché en venant jusqu’ici ? Combien de terriers tu as écrasés avec ta course folle ? Et le nombre de créatures dont tu as dérangé le sommeil par ta simple présence ?
    - Qu… Qui êtes-vous ?
    - Je suis assez embêtée. Je devais repartir vers le nord avec mon amie, mais ta chasse me fait faire un détour incroyable. Sans compter le retour à Altdorf… Je vais devoir courir au moins deux jours pour la rattraper. Mais bon, je serai clémente avec toi si tu ne fais pas d’histoires. Ce qui t’attend est déjà assez douloureux, je ne vais pas en rajouter.
    - Quoi ?!
    - Aller, en route, la Comtesse nous attend !
    Elle ne savait pas qui, ni comment ni pourquoi, mais cette dernière phrase acheva de la convaincre qu’elle devait fuir. Dans un geste désespéré, elle envoya sa dague directement sur l’inconnue et repartit en courant dans l’autre sens.
    Rubis esquiva sans mal la lame qui alla se planter dans l’arbre derrière elle, puis elle soupira. Elle se transforma à nouveau et la suivit tranquillement. Elle vit un volatile zigzaguer entre les branches au-dessus de la vampire avant de fondre sur elle. La proie se débattit, poussa un cri de douleur et s’effondra. Tilla reprit forme humaine et s’approcha avec nonchalance. Elle donna un morceau de viande séchée à Rabe qui s’empressa de le gober. Puis elle prit une corde et attacha tant bien que mal les mains de sa prisonnière, qui continuait de bouger dans tous les sens en l’insultant de tous les noms.
    - Je te l’avais demandé gentiment. Désolée pour tes yeux, ils finiront par se régénérer. Enfin, si tu es encore en vie dans les jours qui viennent.
    Le corbeau sur une épaule et son fardeau sur l’autre, elle repartit vers la Capitale, ses sifflements trouvant écho dans le champ des oiseaux.


***


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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Dim 11 Juin 2017 - 14:47



     Le soir, alors qu'au palais d'Altdorf, les premières danses commençaient...

     Wilhelm contemplait la ville à la faveur de la nuit. Il avait encore cédé au désir de trouver un point en hauteur, et du haut de cette colline il pouvait profiter de l’étonnant aspect de la capitale impériale en cette heure nocturne, le jeu des lumières lui donnant une apparence presque irréelle. Même de si loin il pouvait encore sentir le bourdonnement constant de l’humanité qui s’activait, qui s’occupait, qui vivait. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait pareil spectacle, et à chaque fois il ressentait la même chose, un curieux mélange de mélancolie et d’exaltation, l’un parce qu’il savait qu’il ne pourrait plus jamais faire partie de ce tout, et l’autre car désormais il se savait capable d’égaler ce tout par sa seule puissance. Il savait qu’individuellement la plupart des mortels ne lui arrivaient même pas à la cheville, mais leur union avait toujours été leur force. Et quelle force, qui avait résisté à des adversaires redoutables, et quelquefois, il devait l’admettre, autrement plus puissants que lui-même.

     Mais il pouvait encore progresser, il le savait désormais, et le combat contre le sire de Castagne l’avait prouvé. Le vaillant Silvère avait été parfait, sa lance avait trouvé sa cible et sa dame avait été à ses côtés, pour de bon cette fois-ci. Les éclairs de lumières avaient fusés maintes fois lors de ses coups, mais lui, Wilhelm, avait tout de même réussi à triompher. Enfin, il avait réussi à vaincre celui qu’il avait considéré comme étant son plus grand adversaire. Ce sentiment de triomphe restait en lui comme un trophée, mais passée les premières minutes son humeur habituelle avait pris le dessus. Certes, il avait triomphé de Silvère, mais ce n’était qu’une étape de son infinie quête. Sa quête. Il sourit à cette idée. Quand on y réfléchissait, son histoire avec le chevalier ressemblait fort à celles que les bretonniens avaient l’habitude de raconter. Après tout, il avait rencontré un adversaire en apparence insurmontable, s’était entraîné sans relâches dans le but de le vaincre, et après l’avoir « par hasard » retrouvé dans un évènement similaire ils s’étaient affrontés de nouveau, l’issue du duel étant cette fois-ci inversée. Quelqu’un ne connaissant pas les protagonistes de cette histoire pourrait croire à une épreuve mise sur son chemin par la Dame du Lac, alors que c’était peut-être tout le contraire. Peut-être l’épreuve avait été pour Silvère, et peut-être pas. Mais cela lui prouvait que le chemin vers la victoire n’avait pas besoin d’une divinité pour être suivi, quelles que soient nos capacités. Wilhelm savait bien que les siennes n’étaient pas celles d’un humain normal, mais ses défis ne l’étaient pas non plus.

     Et en parlant de défis, ses pensées retournèrent vers Katarina Snjegynka. La chevalière vampire avait amplement mérité sa première place, son habileté aux armes n’étant plus à prouver. Mais il y avait plus que cela, une sorte d’implacable résolution mélangée à une sorte de mélancolie. Cette femme était complexe, mais elle avait réussi à faire la paix avec elle-même, et cette sérénité l’avait conduite à la victoire aussi sûrement que sa maîtrise de la lance et de l’épée. D’une certaine façon Wilhelm était satisfait d’avoir perdu contre une telle personne, car cela lui montrait encore un bout de chemin à parcourir. Je la vaincrai un jour, pensa-t-il, mais ce jour n’est pas arrivé. En ce jour, elle m’est totalement supérieure, et rien de ce que je peux dire ou faire ne saurait briser cet état de fait. Mais l’éternité est longue, et nous laisse tout le temps pour une revanche. À moi de mettre ce temps à profit pour parvenir à son niveau. Wilhelm réfléchit sur sa prochaine destination alors que les lunes montaient dans le ciel. Ces derniers temps il avait majoritairement été dans les terres de Bretonnnie, accomplissant des défis ordinairement réservés aux chevaliers de la quête et du graal afin de comprendre d’où venait la force de Silvère. Mais affronter Katarina allait demander une toute autre approche. D’où avait-elle dit qu’elle venait ? Ah oui, de Kislev.

     Wilhelm émit un petit rire. En y réfléchissant, l’autre grand défi de ce tournoi, à savoir le lycanthrope, semblait lui aussi venir du Nord. Le Nord, cet endroit d’où tant d’horreurs étaient originaires, et qui produisait tant de combattants aguerris comme le nouveau maître d’armes de la Reiksguard. Sa décision était donc prise.

     Tournant la bride de son cheval, Wilhelm jeta un dernier regard à Altdorf, la grande ville qui avait été son terrain de jeu et de combat ces derniers jours. Il eut une pensée pour les morts, Von Essen et Ulrich Von Stromdorf, auxquels il adressa un salut empreint de respect. Puis il lança sa monture au pas en direction du Middenland. Guerriers nordiques et créatures du chaos….me voilà !





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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Dim 11 Juin 2017 - 20:22



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     C’est en costume de soirée aux couleurs vives qu’Helmut van Orsicvun pénétra dans la salle du bal de fin de tournoi. Il avait passé un certain temps à parfaire son maquillage, et c’est agrémenté d’une barbe postiche et d’un accent bretonnien qu’il se présenta sous le nom de Guilhem Du Rouvre, vicomte de Turenne. Cette seconde identité était bien utile pour accéder à certains cercles dans le pays de la Dame, et il l’avait forgée avec grand soin quelques années avant, ayant même prit le temps de faire l’acquisition de la propriété de Turenne (d’où le nom), un petit castel perdu dans le duché de Parravon. Pour l’heure, le vicomte de Turenne lui servait d’entrée au bal, d’autant qu’Albéric avait semblait-il laissé tomber la surveillance de sa résidence, et s’était lancé dans l’achat de vêtements pour une raison inconnue. Essayer de fuir l’importun vampire aurait été facile, là tout de suite, mais Helmut préférait lui donner une leçon d’humilité. Ses lettres avaient été envoyées à qui de droit, et il avait donc du temps à tuer avant de retourner à sa cachette qui n’en serait bientôt plus une.

     Le décor était superbe. Les décorateurs impériaux avaient accroché des tentures rouges et or sur les murs, opposant sur deux d’entre eux les armes du Roy Louen avec le blason de Karl Franz. Les tapis recouvrant le sol étaient à la fois fins et moelleux, également rouges et or, et les centaines de convives discutaient, mangeaient, buvaient et dansaient dans ambiance très insouciante. Des tables avaient été dressées contre les murs, et les mets qu’on y trouvait semblaient tous plus appétissants les uns que les autres. Là, un canard rôti à la sauce de Nuln, que seuls les gastronomes avertis savaient apprécier à cause de la grande quantité d’épices. Ici, un agneau à la broche dans ses légumes sautés, une spécialité célèbre du Stirland. Et sur une autre table les fameuses andouilles d’Ajol avaient un succès certain auprès des convives, signe que la grande cuisine bretonnienne n’était pas en reste. Helmut ne fut pas surpris de n’apercevoir aucune saucisse de Géorgie, imaginant sans peine l’incident diplomatique qui en aurait résulté. S’emparant d’une coupe de vin de Bordeleaux, il arriva au beau milieu d’une conversation entre deux nobles impériaux portant sur qualité de la sécurité au tournoi. Feignant l’ignorance de celui qui est arrivé juste à temps pour ne voir que les belles joutes, il subit un discours sur l’engeance vampirique qui avait tenté de voler la victoire aux nobles combattants ici rassemblés.

     N’écoutant que d’une oreille, il remarqua Roland et Eléonore de Boisserands à quelques mètres de lui, discutant gaiment avec d’autres Bretonniens parmi lesquels Abrams Göttlichglück. Roland avait l’air débonnaire, mais Helmut voyait quelques rides soucieuses sur son visage. « Si tu cherches mon espion Roland, tu auras du mal à le repérer ce soir, vu que pour l’instant je peux te surveiller moi-même » pensa-t-il, souriant intérieurement. Plus loin, le Baron de Joli-tonneaux, le comte Dangorn et le Baron de Vigne-bleue s’esclaffaient autour d’une table sur laquelle s’empilait un nombre alarmant de pichets vides. Martin Delatour n’était pas loin d’eux, mais lui sirotait son verre d’un air nostalgique, un vague sourire aux lèvres. Silvère de Castagne n’était visible nulle part, et Helmut se douta qu’il était en train de prier la Dame dans une quelconque chapelle. De l’autre côté de la salle, se trouvait un noble et vieux personnage qu'il lui semblait reconnaître comme proche de la Frau Auerbach : Gustav von Wolder. Fort joli blason, un dragon rouge sur champ d'hermines... mais où était passée la Frau Auerbach ?

     Une fois la diatribe de son interlocuteur terminée, Helmut fit la moue et se lança dans un éloge des participants prêts à rétablir l’ordre par eux-mêmes, comme ces braves répurgateurs qui pourraient en montrer à certains chevaliers du graal de ma connaissance, oui monsieur. Voyant la satisfaction de l’impérial, Helmut feignit d’apercevoir un ami et s’éclipsa discrètement. En réalité il avait vu passer une bouteille de vin de Lyonesse datant de l’année de sa naissance, et se demandait par pur esprit scientifique quel goût pourrait avoir du vin aussi vieux que lui. En s’en servant un verre, il se fit la réflexion qu’aucun répurgateur n’était présent ici ce soir, ce qui ne le surprenait en rien. Parmi eux, seul Mathias Thulmann semblait être sur sa piste, mais il avait réussi à tenir le templier de Sigmar en échec avec brio pour le moment. Cependant, la suite allait nécessiter le contrôle de nombreux paramètres, et des hommes comme Thulmann avaient la capacité de tout faire rater. Et bigre, que ce vin est excellent !

     Son verre à la main, Helmut s’en alla à la rencontre de ces dames. Un noble se devait de saluer les plus belles de la soirée, et pour sa part Helmut avait l’intention de profiter d’un cru autrement plus nourrissant que du jus de raisin fermenté plus d’un siècle auparavant. Entre les dames de cour Bretonniennes, les femmes des nobles impériaux, les filles de seigneurs et leurs maîtresses, la gente féminine était fort joliment représentée. Helmut se ravissait de voir chaque robe, de détailler comment elle mettait sa propriétaire en valeur et l’aisance avec laquelle celle-ci la portait. Il repéra parmi les belles quelques Lahmianes, même s’il savait que certaines lui avaient forcément échappé. Il en éprouva quelque contrariété, mais il était conscient que si une seule catégorie de personnes pouvait tromper ses sens de l’observation, c’était bien les filles de Neferata. Formées dès le début de leur non-vie aux arcanes de la dissimulation et de la tromperie, elles employaient les mêmes techniques que lui pour se fondre dans la masse. Et même s’il se posait souvent la question, Helmut n’avait pas encore trouvé un moyen efficace de percer à jour quelqu’un employant des moyens semblables aux siens. Celles qu’il avait identifié ce soir, c’était par leur pâleur extrême alliée à leur grande beauté, doublée d’une absence de pouls audible lorsqu’il s’approchait d’elles.

     Tout en les gardant à l’œil, Helmut se présenta devant une jeune et fort belle jeune fille sans cavalier, dont la robe bleue mettait en valeur ses longs cheveux blonds impeccablement nattés. « Belle demoiselle, je suis Guilhem Du Rouvre, vicomte de Turenne. Je ne peux croire que vous soyez ici en solitaire. Souffrez que je m’enquière de l’absence de votre cavalier. » La jeune femme lui sourit timidement, et lui répondit : « Je vous remercie pour vos compliments. Je n’ai malheureusement pas de cavalier ce soir, noble seigneur. Je m’appelle Fiona Von Helstifen, et mon fiancé a été grièvement blessé lors du premier jour du tournoi par l’actuel vainqueur de l’épreuve à pied. Il est encore à l’hospice de Shallya, et son état ne s’améliore point. » Elle semblait en proie à une angoisse profonde, et Helmut y vit une brèche dans laquelle s’engouffrer. « Permettez-moi de vous inviter à danser en ce cas. Je ne saurai me pardonner de vous avoir laissé ainsi en ces sombres rêves. La musique est belle, la nuit est belle, et vous l’êtes encore plus que toutes deux réunies. Et j’ajouterai qu’il est souvent plus facile de traverser une épreuve lorsqu’on est à plusieurs. » En voyant les joues de la jeune dame rosir, Helmut sut qu’il avait fait mouche. Elle lui tendit sa main, sur laquelle il déposa ses lèvres après avoir fait une superbe courbette, et l’instant d’après ils virevoltaient sur la piste de danse.

     Une heure plus tard, dans une des chambres des invités, Helmut considéra le corps inerte de Fiona. À son réveil, la jeune fille ne se souviendra de rien, et on mettra sa perte de connaissance sur le compte du verre de vin situé non loin et de son grand chagrin qui l’aura poussée à s’éloigner de la foule. Elle gardera même un agréable souvenir du vicomte de Turenne, l’hypnose n’ayant eu lieu qu’au milieu de la danse. Il sortit de la chambre en toute hâte, et se dirigea vers la sortie du palais. L’heure approchait, et Helmut se doutait que sa présence en un certain lieu était requise. Les évènements de cette nuit allaient être très importants, il le savait, mais même lui avait du mal à voir quoi que ce soit de clair dans l’enchevêtrement complexe de personnes, de motivations et d’éléments aléatoires. Satisfait d’avoir repris des forces auprès d’une source si délicieuse, il s’engagea dans le dédale de ruelles menant à sa cachette compromise. Les prochaines heures allaient être décisives, et son maître allait demander un compte-rendu complet.





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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Lun 12 Juin 2017 - 12:33



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    Hans Friedrich Von Hansa s’ennuyait à en mourir. Voilà qu’un bal à l’illustre compagnie se déroulait quelques pas derrière lui, et il n’y était pas invité ! Lui, qui avait défait le terrible Helmut Van Orsicvun ! Pire encore, contrôler les allées et venues des invités l’empêchait de rejoindre sa belle Brünhilde. Cela dit, le passage du vampire lui avait fait de l’effet, et depuis cette folle soirée, elle le regardait d’un œil nouveau et autrement plus doux…  
    Sursautant, Hans se redressa d’un seul coup et s’efforça de se reconcentrer sur sa tâche derrière le pupitre sur lequel reposait le registre des invités officiels. Mais il soupira bien vite de nouveau. Surveiller les allées et venues des invités à l’entrée de la grande salle, en voilà une tâche bien inutile. Il avait beau héler les nombreux nobliaux qui passaient à côté de lui sans le voir, la moitié d’entre eux ne figuraient pas sur le registre, et il n’avait de toute façon d’autre choix que noter leurs noms et de les laisser entrer pour ne pas provoquer l’indignation de ladite personne et le spectacle qui suivait inévitablement.
    Alors, pour passer le temps, il s’amusait à appeler une personne de temps à autre, quand elles ne venaient pas se présenter à lui par elles-mêmes. Tenez, ce beau jeune homme fort bien habillé s’avançait justement vers lui.
    « Votre nom, s’il-vous-plaît ? » lui demanda machinalement le greffier.
    « Albéric Sérignac de la Motte. D’Artois, si besoin. » répondit le jeune homme d’une voix calme.
    « Albéric Sérignac, fort bien » fit Hans tout en cherchant dans son registre. « Albéric… Albéric… Qu-Quoi !? »
    Prenant soudainement conscience du nom qu’il était en train de rechercher, il releva subitement la tête, n’en croyant pas ses oreilles. Mais c’était bien lui : il ne l’avait pas reconnu sans son armure qu’il n’avait jusqu’alors jamais quittée, mais le petit sourire en coin, les yeux pétillants d’une étrange intensité et les cheveux légèrement ébouriffés ne trompaient pas. Devant lui se tenait bien celui qu’on appelait « le limier du Tournoi ». Ce dernier lui adressa d’ailleurs un petit regard condescendant.
    « Enfin, j’imagine que quelqu’un tel que moi n’a pas besoin que l’on vérifie son nom dans un registre, je me trompe ?
    — Euh non, en effet… - dut admettre Hans. Je vous en prie, entrez…
    — Merci. »
    Et, avec un petit salut, le bretonnien s’en alla rejoindre la grande salle de son pas grâcieux.
    Von Hansa resta un moment interdit, sa plume pendant entre ses doigts. Était-ce vraiment le vainqueur du tournoi qu’il venait de voir ? Le guerrier assoiffé de sang qui avait jadis traversé les arènes semblait avoir disparu au profit d’un tout autre homme…

* * *

    Intérieurement, Albéric s’esclaffait. Ah ! Quelle bonne idée il avait eu de venir ici ! Le regard des mortels lorsqu’ils le voyaient arriver, puis lorsqu’ils le reconnaissaient, n’avait pas de prix. Vraiment, se disait-il en franchissant la grande porte aux lourdes dorures de la salle du bal pour s’avancer dans la foule qui évoluait sur le parquet brillant, c’était une belle soirée qui se profilait. Enfin, il ne fallait pas perdre de temps, il avait des personnes à trouver.
    Louvoyant entre les petits groupes de nobles discutant tranquillement autour de quelques verres de doux breuvages, les couples dansant lentement au son de la douce musique, Albéric scrutait la foule du regard, ignorant ceux empreints de stupeur et de dégout que lui donnaient en retour les danseurs qui le reconnaissaient. Partout où il passait, le brouhaha se faisait plus faible, puis, à mesure que les gens s’habituaient à sa présence, voyant qu’il n’était pas le rustre sans manières qu’ils avaient pu observer lors du tournoi, mais un jeune homme fort maniéré et aux habits à la pointe de la mode d’Altdorf, les voix reprenaient, certes dubitatives, et les gens feignaient l’indifférence.
    Même, il sentait que des jeunes femmes commencer à le regarder de haut en bas, et chuchoter derrière son dos en gloussant, et il ne put que sourire pour lui-même. Décidément, son charme n’avait pas disparu après toutes ces années.
    Mais il eut beau scruter la foule encore en encore, il ne la trouva point. Diantre, la demoiselle Auerbach n’était-elle point présente au bal ? Force lui fut d’admettre qu’elle n’était visible nulle part. Voilà qui était bien dommage, il aurait bien aimé lui demander une danse le plus courtoisement du monde, rien que pour voir sa réaction. Eh, voilà qui aurait été fort amusant ! Nullement contrarié, le vampire chercha un autre objet sur lequel porter son attention. Que pourrait-il bien trouver pour se divertir…
    C’est alors qu’il croisa le regard d’un vieux chevalier du Graal, encore habillé d’une simple cotte de maille malgré la cérémonie. Dès qu’il l’identifia, le chevalier se raidit et son regard transperça le jeune homme d’une intensité qui aurait fait reculer plus d’un. Mais pas Albéric, qui répondit au regard assassin de Roland de Boisserands par un petit sourire, ce à quoi le vieux bretonnien détourna le lentement regard, et poussa un grand soupir.
    Albéric allait passer à autre chose dans la plus grande des insouciances lorsque son regard tomba sur la femme du chevalier - Éléonore, si ses souvenirs étaient bons - tournée vers le banquet derrière son mari. Aussitôt, un grand sourire couvrit le visage du vampire, et il se dirigea vers le couple Boisserands.

    Lorsqu’il vit Albéric de Sérignac de la Motte d’Artois, Roland de Boisserands n’en crut pas ses yeux. Pas plus qu’il ne crut ses oreilles lorsqu’il le vit faire une courbette grâcieuse devant sa femme, ses manches bouffantes suivant allègrement les mouvements de ses bras. Éléonore de Boisserands ne sut comment réagir et resta interdite devant le bretonnien.
    « Ma dame » commença Albéric d’une voix douce, et qui parut ô combien trop mielleuse aux oreilles du vieux chevalier. « Je vous vois seule en dehors de la piste, me feriez-vous l’honneur de m’accorder une courte danse ? »
    Derrière sa femme, Roland de Boisserands donna l’impression de pouvoir exploser à tout moment. Mais, avant que le pire puisse arriver, Éléonore leva poliment la main, et passa son autre bras autour de celui de son mari.
    « Non merci, noble sire, je préfère me reposer avec mon mari, et regarder les plus jeunes danser sur la piste. Mais je suis sûre que vous trouverez meilleure partenaire que moi parmi ces jeunes dames que voilà. »
    Aucunement dérangé par son refus, auquel il s’attendait secrètement, Albéric s’inclina à nouveau bien bas. « Qu’il en soit ainsi, noble dame ! Je ne souhaite aucunement vous déranger, vous et votre mari, et je vous souhaite une excellente soirée. »
    Sous le regard fulminant de Roland, Albéric se releva lentement et se dirigea vers le buffet, et y prit une coupe d’alcool pétillant. Loin de s’éloigner, il sirota le breuvage fruité à côté du vieux couple, parfaitement conscient des yeux du chevalier posés sur lui, et le vampire se délecta bien plus de la hargne presque palpable de ce dernier qu’il profita du contenu de son verre, l’image du bretonnien fulminant, impuissant, à côté de lui l’amusant au plus haut point.
    Mais cela ne dura pas longtemps, et le vieux chevalier dut sentir qu’il ne pourrait rien faire, car il détourna le regard à contrecœur et laissa sa femme l’entraîner vers l’autre bout de la table, peut-être pour retourner en la compagnie des autres "vrais" chevaliers, comme ils l’avaient été avant d’être dérangé par le vampire.

    Fort amusé par cet épisode rafraichissant, Albéric termina sa boisson avec un entrain non feint. Il pensait suivre le conseil de la femme du vieux Boisserands, ne serait-ce que pour voir les mines déconfites des petits nobliaux alors qu’il leur piquait la vedette. Allons, que les demoiselles se pâment devant lui, ne serait-ce que le temps de cette soirée avant qu’il ne les abandonne pour de bon. Ce n’était pas souvent qu’il avait l’occasion d’exercer son charme naturel dans une non-vie telle que la sienne ! Au lieu du répurgateur habituel, ce soir serait sous le signe de la chasse à la donzelle. Dans le fond, l’orchestre jouait une petite ballade bretonnienne fort enjouée, voilà qu’il pouvait profiter du terrain.
    Sa première cible fut une jeunette en retrait, à la robe plutôt modeste comparé au faste des nobles dames plus riches, et elle avait l’air fort timide. Ce n’en serait que plus facile.
    Arrivant devant elle, Albéric réitéra sa courbette grâcieuse :
    « Gente demoiselle, je vous vois bien seule en cette soirée de fête. Permettez-moi de vous demander une courte danse pour que je puisse vous distraire, et je l’espère faire apparaître un sourire sur un si joli visage. »
    Hmmm, se dit-il après une courte réflexion, il en avait peut-être fait un peu trop.
    Mais non. La jeune femme resta interdite un instant, puis acquiesça muettement en rougissant quelque peu. Touché. Albéric sourit intérieurement.
    La prenant doucement par la main, il la mena au milieu de la piste et apposa son autre main autour de sa taille. Au fur et à mesure que la chanson avançait, les mouvements lui revenaient à l’esprit et il la menait d’un pas toujours plus assuré, tout en veillant la guider de la façon la plus douce possible. Au bout de quelques instants, il eut le plaisir de sentir de nouveaux regards de la gent féminine se tourner vers lui. Certaines devaient se demander où était passé le rustre du tournoi pour apparaître ainsi si courtois, et les autres qui était ce beau jeune de si belle prestance, ce qui ne fut pas sans plaire à sa fierté.
    Une fois le morceau terminé, et le dernier pas de danse effectué, Albéric ramena sa partenaire au bord de la piste, et la quitta après une révérence, non sans lui avoir promis une nouvelle danse si jamais elle venait à se trouver seule à nouveau. Après tout, il ne pouvait laisser une si belle jeune fille s’ennuyer lors d’une si belle fête, non ?
    Il s’agissait maintenant de recommencer avec une autre partenaire, mais en visant un peu plus haut cette fois. Cela tombait bien, il voyait déjà une jeune dame chercher son regard depuis l’autre côté de la piste, et il lui adressa son plus beau sourire.

    Bientôt, c’était un petit groupe de jeunes femmes qui attendaient sur le bord de la piste avec une excitation non feinte qu’il vienne choisir l’une d’entre elles pour la prochaine danse.
    Le jeune homme sourit pour lui-même. C’était presque trop facile. À vue d’œil, la seule personne qui jouissait d’une plus grande popularité que lui était le jeune écuyer du vieil épéiste kislévite qui, rougissant dans des vêtements d’apparat presque trop grands pour lui, se laissait bon gré mal gré se faire chouchouter par quelques gentes dames, pour le plus grand amusement de son maître assis sur l’un des rares sièges un peu plus loin.
    Albéric se délectait de ces danses successives, s’amusant à changer de partenaire à chaque danse, pour la plus grande déconfiture de celles qu’il délaissait un instant et pour le plus grand bonheur des heureuses élues. L’espace d’un instant, il se demanda s’il ne devrait pas terminer la soirée en saignant l’une d’entre elles. Il écarta bien vite la pensée. La nuit ne serait pas réservée aux petits plaisirs frivoles, mais à une chasse sérieuse, et il préférait profiter simplement du moment présent en tant que simple humain. Après tout, ces moments étaient rares lorsque l’on menait une vie comme la sienne.
    Soudain, alors qu’il se trouvait au milieu de son petit attroupement pour choisir une nouvelle partenaire, il vit entrer nouvelle jeune dame qui éclipsa toutes les autres à ses yeux.

    Le monde s’arrêta de tourner lorsqu’il vit, la jeune vampire habillée d’une robe bretonnienne d’un blanc pur, rehaussée de rares dorures et qui seyait son doux corps à ravir, Jeanne entrer dans la grande salle.


* * *


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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Lun 12 Juin 2017 - 16:05





     « Mais j’aimerais bien aller au bal, moi…
     - Non, non et non ! Tu as promis que tu irais à ce duel amical, alors hop, en route ! »
     Léonard jeta un dernier regard rêveur au palais d’Altdorf, dont les larges fenêtres étaient éclairées, et appelaient à rejoindre les danses… Dame Nawenn et lui venaient de quitter l’auberge bretonnienne, et déambulaient à présent dans les rues de la capitale, où les danses du bas-peuple se voyaient aussi un peu partout, et les chansons paillardes filtraient à travers les portes des tavernes. La demoiselle du Graal était fermement résolue à faire sortir ce chevalier de tous ces guets-apens, remplis de jouvencelles de petite vertu et d’autres individus peu recommandables.  
     Ils arrivèrent finalement aux portes de la cité, où Léonard fut surpris de voir le sire Dagan accompagné non seulement de son ami et de la ménestrelle, mais aussi d’une petite foule de gens portant également des uniformes de l’Empire.
     « Heu… Nawenn… - murmura-t-il à sa protectrice, hésitant.
     - Puisque je te dis que c’est un duel amical ! Et qu’en plus je te protègerai !
     - Heu… »
     Le chevalier n’eut pas le temps d’hésiter davantage, car la compagnie de soldats l’aperçut, le sire Dagan également, et ce dernier s’empressa de saluer au nom de tous avant de l’inviter à les accompagner. Ils allaient simplement trouver un coin tranquille où personne ne les dérangerait.

     Une légère brise soufflait dans la prairie en ce début de soirée. A l'horizon, l'astre solaire finissait lentement de disparaître. Il laissait la place aux pâle lueurs émis par les deux lunes, toutes deux déjà hautes ce soir là. Ainsi qu'à l'éclat de plusieurs torches réparties autour de leur cercle de combat improvisé.

     - Ont-ils vraiment besoin de se battre ? - interrogea Shannon en se pinçant les lèvres.

     L'angoisse trahissait la ménestrelle aux poings serrés. Elle tremblait comme une feuille sans quitter les deux belligérants du regard.

     - Non, - lui répondit la prêtresse. - Si ce n'est pour alimenter la bêtise des hommes.

     Se frottant la nuque, Dagan ne put qu'exprimer un rire gêné. En effet, Léonard et Jürger n'avait aucune raison de s'affronter à nouveau. Il n'y avait même plus de tournois pour justifier leur duel. Il se garda bien toutefois de répliquer. Que cette représentante de Shallya ai accepté de venir assister à cette revanche était déjà une bonne chose : elle pourrait aussitôt prendre en charge un éventuel blessé si les choses dégénéraient. Mieux valait ne pas lui donner de raison de retourner au temple. Toutefois, le bretonnien devinait que derrière son masque de désapprobation, elle n'était pas mécontente qu'il soit venu la chercher. Mais ces pensées-là devraient attendre.

     Tournant la tête, Dagan s'attarda sur la poignée de spectateur les ayant rejoins à l'écart de la cité. Ils étaient une quinzaine. La plupart des clients de l'auberge où ils logeaient, ayant eu vent de ce nouveau combat. D'autres des soldats impériaux ayant acclamé Jürger lors de sa défaite dans l'arène. Il faut dire que l'artificier de Mörlenfurt avait fait fort impression parmi les soldats.

     Enfin, venait un enfant. Celui-là même que Dagan avait remarqué l'autre soir au comptoir. Ce dernier l'intriguait au plus haut point, dissimulant ses traits derrière un masque et ne quittant pas le tireur du regard. Bras croisé, il n'adressait la parole à personne et attendait patiemment que le combat commence. Se détournant, le bretonnien tourna son regard vers l'Ouest. L'heure était venue.

     Jetant lui même un coup d’œil de côté, Jürger rabaissa sa capuche et put dés lors apprécier cette scène au clair de lune. Un cercle de torches délimitait l'aire de duel, Léonard semblant chercher quelque chose du regard parmi leurs spectateurs (Nawenn ? Nawenn… ? ). Lui-même s'y attarda une seconde. Shannon, Dagan, quelques soldats... et l'enfant aux yeux rougeoyants, ayant retiré son masque avec le coucher de soleil. Réprimant un frisson, il secoua la tête pour chasser ces sombres pensées de son esprit. Il devait se focaliser sur l'instant présent. Rester concentré. Tendant le poing en direction de son ennemi d'un soir, il déclara solennellement :

     - Léonard de Rouergue, je te remercie une fois encore pour avoir permis cette revanche. Que votre Dame t'accorde sa bénédiction. Et que tu prennes autant de plaisir à m'affronter que j'en éprouve déjà !

     Esquissant un sourire carnassier, il raffermit sa prise sur le manche de son fusil, l'autre main posée sur le pommeau de son épée. Il n'y avait plus qu'à attendre le signal de son ami Dagan.

     Le sire d’Aquitaine frappa son écu d’un coup sec pour envoyer le signal.
     « Yaaaa ! » - chargea courageusement Léonard.
     Jürger tira une première fois, rata (0T), une deuxième fois, sans succès (0T).
     « Que diable… »
     Une bonne étoile semblait préserver le chevalier du Graal des balles du long-fusil… avant que le tirailleur ne réalise subitement que le « klingklangklong » qui résonna en même temps que ses tirs était le bruit de Léonard qui venait de trébucher…
     Le soldats rassemblés, au départ tendus et solennels, sentirent soudain que la scène était plutôt comique : après une double-roulade incontrôlée, le chevalier rentrait droit dans le soldat (1T, 0B), alors que ce dernier jurait et semblait bien en peine de dégainer son glaive (Jürger : 0T).  
     Le tirailleur, plus agile, se releva finalement en premier, mais attendit (à l’étonnement de quelques uns) que son adversaire se relève également. Seulement lorsque Léonard se remit en garde, Jürger le chargea, rapidement imité par son adversaire…
     « Oh non !... »
     Craignant pour son chevalier qui décidément n’était pas fait pour le combat nocturne (déjà de jour, il avait parfois du mal…), dame Nawenn, dissimulée dans un arbre, incanta la protection comme elle l’avait répété à plusieurs reprises avec la Dame... avec succès !
     Au moment où le coup de Jürger allait porter, une vive lueur éblouit tout le monde, Léonard y compris, qui ne fit pas attention où retombait son épée…
     Lorsque la lueur retomba, ils étaient encore tous debout, sauf Jürger, qui était à moitié allongé à terre et se massait la tête, qui lui faisait horriblement mal.
     (Jürger : 1T, 1B, 1 invu ! – Léonard : 3T, 3B, Blessures multiples : 5 PV !!!)  

     Serrant les dents pour endurer à la fois la douleur d'un nouvel échec et celle au niveau de son crâne, Jürger remarqua la main tendue que lui offrait Léonard. Il la considéra un instant, empli de multiples pensées. Il avait perdu, certes. Mais cette fois il n'avait plus d'excuse. Il avait donné tout ce qu'il avait. Il n'y avait plus aucun regret à avoir.

     Acceptant l'aide du bretonnien, il se releva péniblement comme approchaient ses compagnons et la prêtresse. Grimaçant un instant, il chassa ces sombres pensées pour déclarer avec un sourire sincère.

     - Léonard, je te suis... tellement reconnaissant. Merci, du fond du cœur, d'avoir partagé cet instant avec moi.

     Et à son tour, il tendit la main à son adversaire à tignasse rousse.

     - Que dirais-tu de venir partager une choppe avec nous à l'auberge ?

     - Bonne idée ! – acquiesça le chevalier, content que tout soit enfin fini.


     Dagan et Shannon furent à ses côtés presque en même temps que la prêtresse de Shallya ; cette dernière poussa un énorme soupir de soulagement en ne décelant rien d’autre à part une sévère bosse qui disparaitrait au bout d’une semaine. Ce chevalier du Graal savait heureusement frapper du plat de l’épée !
     Léonard, quant à lui, mit de longues minutes à retrouver la grosse lame qu’il avait malencontreusement lâchée lors du gros flash de Nawenn. Franchement, c’était vraiment toujours si important que ça, les effets lumineux ?


Laughing


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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Mer 14 Juin 2017 - 2:11




     Narcisse Gentevigne, maître d'armes de la Reiksguard, se préparait à aller au bal. Bien entendu, à son âge, elle n'allait pas danser. En plus, danser avec des humains est compliqué quand on dépasse difficilement le mètre. Non, elle allait simplement boire avec des collègues et amis à une table en discutant du niveau à l'épée des chevaliers nouvellement recrutés qui servaient de gardes du corps à l'empereur pendant la soirée. Narcisse se voyait passer une bonne soirée en célébrant l'habilité aux armes.
     Seulement, quelqu'un avait un autre programme pour elle.
     Elle ouvrit la porte de son logement, et s’apprêtait à sortir, lorsque qu'elle vit le reflet de son visage devant elle, puis tout devint noir.

***

     Pendant que Hrofil avait assisté et participé aux combats du tournoi, ses templiers n’avaient pas chômés. Le nom de la maison d'impression avait complètement éclairci le mystère aux yeux du Grand Maître. Il s'était donc rendu à la cathédrale de Manann d'Altdorf, indiqués ses découvertes au Grand Prêtre, s'était rendu à la cathédrale de Véréna, la déesse de la justice, demandé l’organisation immédiate d'un tribunal religieux à la Grande Prêtresse. Les mots « énorme amende » et « frais de justice » ne laissèrent à Hrofil que le temps d'écrire une lettre à la matriarche du culte de Manann à Marienburg, et déjà, peu avant le début du bal organisé par l'Empereur, un procès par contumace débuta dans les sous-sols du temple de Véréna.
     Le greffier commença :
     - La partie plaignante est : la Très Sainte Église de Manann, à travers ses représentants, le Grand Prêtre de la cathédrale d'Altdorf Anton von Zuppal et le Grand Maître de l'ordre templier des Fils de Manann, Hrofil Halfdane. La plainte à été déposée au Grand Temple de Véréna de Marienburg il y a deux mois par Camille Dauphina, Matriarche du Culte de Manann.
     Suite à l'enquête diligenté par les Fils de Manann dans le cadre de leurs obligations de poursuite de l'hérésie, le Précepteur Heinrich Reinhardt est accusé d'avoir écrit le livre hérétique Le Grand Tournoi de Manann et la Reiksguard est accusée de l'avoir propagé. En l'absence des accusés et de leurs représentants, Arrietta Klopstock, novice du temple de Véréna, sera leur avocat commis d'office.
     Le greffier fut remercié par la grande prêtresse, qui jugeait comme il est d'usage pour les tribunaux religieux. Elle interrogea Hrofil sur son enquête, qu'il raconta entièrement jusqu'à arriver à l'imprimeur :
     - L'interrogatoire nous a permis de comprendre que nous ne cherchions pas une maison d'édition mais une agence de communication, et pas n'importe laquelle : celle de la Reiksguard. La garde impériale était prête à risquer une accusation d'hérésie pour faire de la publicité pour leurs tournois. Ces livres étaient destinés à attirer le public d'Altdorf dans les gradins. Les places étant payantes, la Reiksguard comptait gagner de l'argent dans l'opération. C'est une opération de grande ampleur, puisque c'est eux qui ont aussi commandés à Ortlieb l'opéra sur le tournoi qui est joué depuis le début de celui-ci. Nous avons visité les locaux de cette agence, qui écrit et imprime aussi le Guide Mensuel du Garde Impérial, la revue spécialisé de cette corporation.
     Hrofil montra un exemplaire du journal en question, un mensuel d'une vingtaine de pages dont une bonne moitié comportaient des lithographies publicitaires représentant des heaumes aux cimiers extravagants, le cirage pour moustache utilisé par le Reikmarshall Kurt Helborg ou encore la nouvelle bière trois fois plus forte du Wissenland, la triple W.
     - Avec ces infrastructures et en recrutant des stagiaires, que nous avons interrogés, et qui d'ailleurs travaillent dans des conditions indignes du XVIe siècle, la Commission de Communication de la Reiksguard a propagé ce livre hérétique. Mais c'est aussi elle qui l'a écrite : L'auteur principal du Guide Mensuel du Garde Impérial n'est autre que le Précepteur Heinrich Reinhardt, de la Reiksguard, et qui participait lui-même au tournoi !
     La jeune avocate de l'ordre de chevalerie leva alors la main :
     - Excusez-moi Votre Sainteté, mais ce chevalier n'a même pas été convoqué, ce qui n'est pas ...
     - Jeune fille, souhaitez vous obtenir votre diplôme de fin d'étude ?
     - Je crois que je comprends, Votre Sainteté.
     - Non, gamine, vous ne comprenez pas. Ce tribunal n'a pas simplement vocation à rendre la justice, il se doit aussi d'être juste et de protéger notre Empire. Si des ordres de chevalerie croient pouvoir se moquer d'un dieu majeur du Culte Impérial, c'est un symptôme d'un mal bien plus profond. Se moquer de notre religion, c'est renforcer les puissances de la ruine. Il est donc de notre devoir de rendre une sentence exemplaire. Mais reprenons.
     - Tout est dit, Votre Sainteté, nous avons les témoignages des stagiaires, les factures payés par les organisateurs du tournois comme la Grande Maîtresse Narcisse Gentevigne, voire par Kurt Helborg lui-même.
     - Le Reikmarshall était donc au courant ?
     - C'est certain.
     - Très bien. Cependant, bien que punir cet affront soit absolument nécessaire, vous savez que l'Empereur n'acceptera pas que l'un des plus puissants ordres de chevalerie de l'Empire subissent les châtiments habituels des hérétiques.
     Le grand prêtre de Manann répondit :
     - Certes, nous y avons réfléchit, et étant donné que la Commission de Communication de la Reiksguard a été plus bête que maléfique, nous sommes prêts à transformer les accusations en blasphème.
     - Très bien, je déclare donc officiellement le Précepteur de la Reiksguard Heinrich Reinhardt coupable de blasphème à l'encontre de Manann et la Reiksguard coupable de propagation d'ouvrages à caractère blasphématoire. Cependant, je vous laisse appliquer la sentence avec des peines en fonction des habitudes du clergé de Manann.
     - Pour le blasphème, c'est le châtiment de la grande cale, mais comme le coupable est noble, ce sera celui de la petite cale. Pour la propagation de l'ouvrage, d'abord la destruction de tous les exemplaires.
     - Oui, c'est évident, dit la Grande Prêtresse.
     - Et c'est en bonne voie, ajouta Hrofil.
     - Mais aussi une amende contre la Reiksguard.
     - Elle doit être exemplaire, ajouta la vérénéenne.
     - A combien s'élèvent les frais de justices ?
     - 5% pour le temple de Véréna, plus 5% additionnels, répondit la juge. Cette femme a de la suite dans les idées, pensa Hrofil.
     - Plus 5 %, tenta la novice. Celle-là est une vraie juge vérénéenne en herbe, pensa Hrofil, alors que la jeune femme subissait des regards noirs de toute l'assemblée.
     - 0.5%, alors?
     - Ta gueule, répondit la Prêtresse vérénéenne.
     - Je propose une peine symbolique égale à l'ensemble des prix décernés au cours du tournoi, soit 30 000 Karls d'or.
     - C'est suffisant, l'audience est levée.
     - Madame, dit Hrofil, nous voulons marquer les esprits autour de ce type de blasphème, n'est-ce pas ?
     - Certes ?
     - Ne pourrions-nous pas aller remettre la sentence … maintenant ?

***

     Le précepteur de la Reiksguard siégeait à la gauche de Kurt Helborg à la table des généraux, table surplombant le reste de la salle. Heinrich était un peu angoissé, il n'avait point l'habitude de rester aussi longtemps à cette table - siégeant généralement avec le reste des chevaliers de la Reiksguard - d'autant plus que l'Empereur y était présent !

     Reinhardt était dans son armure cérémoniale, comme la plupart des personnes présentes autour de la table. Ludwig n'avait pas l'air d'apprécier cette armure . Les autres personnes présentes portaient les habits militaires typiques des défilés.

     Heinrich regardait les bretonniens conter leurs histoires vin à la main et les dames danser. Malgré le fait d'avoir été candidat, le précepteur garda son sens du devoir et resta assis toute la durée de la soirée du haut de la salle pour surveiller, tel un chevalier de la Reiksguard. Un incident est vite arrivé, surtout avec tous ces breuvages.
     Cela ne l'empêcha pas de féliciter une fois de plus les participant qu'il reconnu, en particulier le sire Gottlichglück.

***

     Thelma n'avait pas l'intention d'aller au bal. Elle avait un autre plan, beaucoup plus enrichissant et amusant. Avec son coffre d'or, son étalon offert par la Reiksguard, qu'elle avait appelé Fiabilité II, et ses malles, elle avait embarqué sur l'Empereur Wihelm, un grand paquebot grâce auquel elle serait à Nuln en une semaine et où elle avait loué une grande suite. Elle n'avait jamais eu l'intention de rester à Altdorf plus que nécessaire.
     Au moment où le bal battait son plein, elle faisait quatre petits trous dans sa malle la plus solide.

***

     Le baron Gustav von Wolder, ambassaur d'Ostland auprès de l'Empereur, cherchait l'imprévisible fille de son insupportable suzerain. Elle ne s'était pas encore une fois travestie, quand même ? Elle avait été obligée de quitter Nuln après avoir dansé avec la comtesse Emmanuelle, déguisée d'une fausse barbe et d'une moustache, pas moins de deux mois plus tôt...
     Il allait demander au portier s'il n'avait pas vu venir ou repartir la jeune femme lorsqu'il se retrouva en face de son voisin, qui, en plus d'être beaucoup trop grand, était en armure complète.
     - Von Wolder, excusez-moi de ne pas avoir eu le temps de vous rendre visite ici à Altdorf, dit le grand Maître des Fils de Manann.
     - Je vous en prie, vous aviez d'autres occupations. Comment se porte ma ville de Salkalten ?
     - Quand j'en suis partis, fort bien, votre fils aîné sait la gouverner.
     - N'y avait-il pas de menaces à l'horizon ?
     - Rien d'assez fort pour s'attaquer aux pierres de votre château ancestral et de la forteresse de mon ordre.
     Hrofil considérait que les politesses avaient assez duré, et indiqua qu'il n'était pas venu au bal simplement pour bavarder. Von Wolder s'inclina rapidement devant le Grand Prêtre de Manann à Altdorf, puis, avec étonnement, devant la Grande Prêtresse de Véréna, et regarda la novice qui l'accompagnait. Ce n'était pas Thelma déguisée. Des templiers de Manann et de Véréna suivaient.
     Il laissa là les recherches car la novice, escortée de deux chevaliers dédiés au dieu des océans et de trois templiers de l'Ordre de l’Épée et de la Balance, commençait un tour de la salle en donnant des ordres aux gardes :
     - Vous connaissez le Précepteur Heinrich Reinhardt ? Oui ? Ne le laisser sortir sous aucun prétexte, nous avons un mandat du tribunal religieux à son encontre.

     Pendant ce temps, Hrofil et les dignitaires religieux avança inexorablement vers la zone du bal dans laquelle on ne peut entrer sans autorisation des gardes du corps de l'Empereur, le cercle intérieur de la Reiksguard. Il fallu montrer le mandat du tribunal. Hrofil détermina que le chevalier qui tenait ce mandat ne savait pas lire et se contentait d'observer les sceaux, car bien qu'il garda assez longtemps le parchemin, il ne fut à aucun moment surpris de ce qui y était écrit. Au moment où ils passèrent finalement le cordon de gardes, les deux prêtres et les dix chevaliers étaient le centre de toutes les attentions. Les répurgateurs, qui devaient sentir les ennuis arriver, commençaient déjà à fureter autour de leur groupe.
     Plutôt que d'aller rendre hommage l'Empereur, ce que toute personne saine d'esprit n'ayant pas de mission urgente aurait fait, ils se dirigèrent droit vers le Reikmarshall, qui pontifiait un verre à la main et pas mal d'autres dans le gosier.
     Il réagit assez mal à l’interruption, encore plus mal aux présentations, devint rubicond en apprenant de quoi son ordre était accusé et son visage était plus pourpre que sa cape lorsque le montant de l'amende lui fut annoncée.
     - Mais le commandeur Magnan nous avait promis que nul ne trouverait rien à redire... Ce n'était que de l'humour !
     Avec les deux prêtres, Hrofil avait travaillé la théâtralité : le moment devait, selon la vérénéenne, être le plus marquant et le plus solennel possible. Il décida de rendre le moment plus marquant et moins solennel et donna un coup de poing au Reikmarshall, grand chef des armées de l'Empire.
     - On ne plaisante pas avec les dieux !
     Kurt Helborg retrouva assez rapidement ses esprits.
     - Vous … le jour où vous aurez besoin d'aide, aucune armée de l'Empire ne viendra.
Hrofil força un peu son rire tonitruant
     - Ma forteresse est en Ostland et sur la côte de la Mer des Griffes, au centre de la Marche Septentrionale. Je vous le dit, car vous n'y avez jamais mis les pieds. Aucune armée impériale à part la notre ne vient jamais, pourtant nous sommes en première ligne. Vous attendez toujours que les villes de cette région soient prises et les habitants massacrés pour réagir. Alors allez-y ! Vengez-vous ! Ça ne changera rien pour nous, c'est déjà notre sang qui protège vos terres.
     Après leur départ, Helborg insista auprès de l'Empereur pour faire annuler la décision de justice. Mais Karl Franz ne voulait pas s'aliéner deux des plus puissants cultes du Vieux Monde, d'autant que les responsables sigmarites présents soutenaient bien évidement la lutte contre la corruption.

     L'altercation commençait tous juste lorsque la future juge et son escorte trouvèrent Heinrich Reinhardt, entouré de ses frères d'armes. Il s'était éloigné du Reiksmarshall au cours de la soirée.
     Il garda la main sur le pommeau et n'opposa au final aucune résistance après avoir regardé Kurt dans les yeux qui lui hocha la tête en signe de ne pas s'y opposer. Kurt était furieux et l'Empereur semblait confus.

     En sortant du bal, après avoir expédié le précepteur de la Reiksguard et ses gardiens à la prison, Hrofil et ses chevaliers invitèrent les prêtres à lancer une contre-soirée dans une bonne taverne d'Altdorf. La Reiksguard régalait...

***

     La malle qu'elle avait trouée fut entreposée dans une soute du paquebot, celle qui était proposée pour servir de coffre-fort. Elle était protégée et personne n'y avait accès.
     On va bien s'amuser, avec le plus microscopique maître d'arme qui existe, pensait Thelma. Et si elle n'est pas contente, elle n'avait qu'à ne pas arrêter le tank. C'est vrai, c'était une bonne idée le tank. S'il avait été autorisé sur le terrain des épreuves, les vampires et autres monstres qui se permettaient de participer au tournoi auraient eu beaucoup plus de mal à tuer qui que ce soit. Et puis, maître d'arme de la Reiksguard, je vous le demande ! Moi j'ai vaincu au combat un vampire et un ... truc chaotique, je doute que que la « maître d'arme » ait affronté pour de vrai quoi que ce soit de plus grand qu'elle. Le tank, ça ne compte pas. Elle avait rusé en proposant à Thelma de boire un coup avec elle, pour la faire sortir, puis l'avait envoyée en prison.
     Tout le monde savait que mettre en cellule de dégrisement un membre de la famille proche d'un comte électeur, même un enfant illégitime, était une mauvaise idée. L'ambassadeur d'Ostland avait réagit, mais personne n'avait rien dit, et c'était bien ce qui scandalisait Thelma. Sont père aurait assiégé le Palais Impérial pour moins que ça, mais le comte électeur de l'Ostland n'était même pas encore au courant de l'affaire. Alors Thelma avait serré les dents et mûri sa vengeance...


***


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Von Essen
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Mer 14 Juin 2017 - 13:22






     Dans les limbes, où l’impossible côtoyait l’irréel, NAGASH, SUPREME SEIGNEUR DE LA NON-VIE, régnait sur ce lieu au-delà de l’espace et du temps.

     Mais ce n’était pas un royaume.

     Ni un sanctuaire.

     Ni une prison.

     Une malédiction.

     Qu’était-ce, où était-ce ?

     D’où venait-il ?

     Une terre ancienne, un temps révolu.

     Obéissez !

     Obéissez !

     Obéis !

     Le rituel. Les sacrifices. Son serviteur éternel, son esclave déjoué, la faille dans son plan sans faille, le pouvoir suprême, à portée de main. Le trépas des uns, le rappel des autres. Vlad von Carstein ! Pas dans les limbes.

     Maudit, il était maudit.

     Qui était-il ? Que faisait-il ? Où… où était… où avait disparu… cette volonté… qui guidait ses gestes, et donnait du sens…

     Indésirable.

     Le Vieux Monde, il le savait, il le sentait, l’univers entier avançait sans lui, sans lui. Non désiré.

     Le règne suprême, un vague souvenir, une vague idée, un objectif dans le lointain… passé ? NON !
     NON ! NON !

     JE SERAI OBÉI !

     JE SERAI OBÉI !

     IL N’Y AURA PAS D’AUTRE NAGASH !!




***




     Un bout de page… Non, des pages entières déchirées et manquantes. Pourquoi ce livre traitant de Shyish avait-il des pages arrachées ? La jeune Hilde, récemment acceptée au collège de magie de la Mort, résolut d’en savoir un peu plus.



***
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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Jeu 15 Juin 2017 - 19:27





     Les épreuves du Grand Tournoi de la Reiksguard étaient terminées. Sous les deux lunes, Altdorf fêtait la fin de l'événement. Tandis que les nobles dansaient dans les palais et les châteaux et les citoyens vidaient leurs bourses dans les bars et tavernes, les malfrats et les voleurs s'adonnaient à une toute autre activité, bien plus noble selon eux : punir les outres à vins ambulantes qui perturbaient l’ordre public de la ville. Et pour ça, les bandits avaient une méthode qu’ils jugeaient dissuasive mais surtout rentable, les détrousser de leurs biens.

     Dans le dédale des sombres rues de la capitale impériale, il y avait un groupe d’étranges individus. Devant eux, un homme dansait, en effet, il était difficile de qualifier son entreprise de mettre un pied devant l’autre de marche tant ses pieds s’articulaient de façon désordonnée et surtout maladroite. L’homme semblait âgé et avait barbe et chevaux gris, ce qui contrastait beaucoup avec son nez rouge vif. Dans tous les cas, il semblait bien trop occupé à se rappeler le chemin de son chez-lui pour remarquer les quatre hommes qui le suivaient dix pas dernière lui.

     Observons enfin ces étranges individus, celui qui ouvrait la marche portait un long manteau brun et un large chapeau, il dissimulait dans ses vêtements un poignard au tranchant redoutable. Il semblait gêné de la présence des deux hommes derrière lui qui ne devaient pas avoir compris que le port d’armure était quelque peu inapproprié pour une mission d’assassinat discrète. Les deux hommes en armure, vraisemblablement des chevaliers, ne se souciaient gère des cliquetis émis de leurs cottes de mailles durant la marche. Pire encore, ils discutèrent entre eux et donnaient des ordres évidents et désagréables à l’homme au manteau. Derrière eux, un vieux sorcier portant une ample cape grise semblait anxieux et jetait frénétiquement des regards inquiets dans toutes les directions.

     « Tu penses qu’il fera l’affaire, chuchota un des chevaliers.
     - Oui, de toute façon nous avons très peu de temps devant nous, lui répondit son semblable à côté de lui.
     - Agissons vite alors. Assassin, qu’est ce que tu attends ?
     - Mais ! Chuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut ! - s’offusqua l’homme au poignard qui faisait tout pour rester discret.
     - Chu-hu-hut si vous voulez, mais le Cercle n’aime pas attendre. »

     L’assassin pesta intérieurement. Il n’avait jamais travaillé avec des clients aussi agaçants. Heureusement que leur cible était totalement saoule et qu’elle ne les avait toujours pas repérés. D’ailleurs, en parlant de la cible, elle venait de bifurquer d’une manière très gauche dans une sombre et étroite ruelle. Le type de ruelle où les filles imprudentes subissent ce qu’on ne peut pas décrire, où les hommes riches ressortent pauvres et où les personnes influentes y perdent ce que le commun des mortels appelle la vie. Bien que l’ivrogne n’avait rien d’une fille imprudente, rien d’un homme riche et rien d’une personne influente, il allait passer un très mauvais moment dans ce lieu, son dernier moment pour être exact...



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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Ven 16 Juin 2017 - 21:18



     Ailleurs...


     Sa tortionnaire la laissa tomber par terre. Sous sa joue, une dureté laineuse. Un tapis ? Elle se redressa et s’assit.
     - Libère-moi, sale cabot !
     - Ah, Malvira, enfin.
     Sa hargne s’évanouit quand elle reconnut la voix. Suave, douce… dangereuse. Tout son corps se raidit sous l’effet de la peur.
     - Excuse-moi pour son état… Elle ne s’est pas laissée faire la bougre.
     - Ce n’est rien. Nous arrangerons cela plus tard. Tu me vois reconnaissante de ce petit service. Salira se serait fait un plaisir d’y aller elle-même, mais sa présence était requise au bal. Je ne te retiendrai pas plus longtemps.
     - Ce fut un plaisir, chère amie.
     - Bon voyage, et toutes mes félicitations à ta chère et tendre…
     Elle l’entendit sortir de la pièce. Une fois la porte refermée, elle perçut des pas légers s’approcher d’elle lentement. Elle réprima un sursaut quand une voix retentit à quelques pouces de son visage.
     - Te voilà dans un triste état. Mais quelle idée… Que dirait notre reine si elle apprenait que tu as volontairement fui une convocation d’une supérieure ?
     Elle sentit la comtesse s’éloigner, puis des bruits d’objets métalliques déplacés quelques pas plus loin.
     - Dis-moi… De quand date la mort de Matmara ?
     Tétanisée de crainte et de surprise, la pauvre vampire ne répondit pas.
     - En plus de la vue, tu as perdu l’usage de la parole ?
     - T… Trente-huit ans.
     - Déjà ? Son exécution est si fraiche dans ma mémoire… J’ai l’impression que c’était l’année dernière !
     Le rire d’Arken finit de la terroriser. Elle se recroquevilla, attendant la fin.
     - Déjà trente-huit ans que tu cherches un Seigneur… Je t’ai vu essayer tellement de stratégies pour rentrer dans mes bonnes grâces… Tu as beaucoup d’ambition, ma chère.
     Un chuintement feutré, et une odeur de sang enivrante parvint à ses narines.
     - Pourquoi ne pas me l’avoir demandé, tout simplement ?
     - Que… Euh… Je ne voulais pas… importuner son excellence.
     - Ah !
     Elle l’entendit revenir vers elle. Levant craintivement la tête dans cette direction, elle attendait la suite avec angoisse.
     - Eh bien, je te propose de le faire maintenant. Te souviens-tu des implications de cet acte ?
     Malvira sursauta, ouvrit la bouche, la referma. Sa surprise était telle que toute peur disparut.
     - P-Pardon ?
     - J’ai en main un calice avec un peu de mon sang. Je t’offre l’occasion que tu espérais tant. Tu ne vas pas oser la refuser tout de même ?
     - Non ! Enfin… J’accepte, votre grâce.
     - Et donc, as-tu conscience de ton acte ?
     - En buvant, je me plie à votre autorité par les liens du sang. Je serai forcée de vous obéir, mais je gagne la confiance de la sororité par ce lien indéfectible.
     - Parfait.
     Elle sentit la vampire prendre son bras et guider sa main vers une coupe. Elle hésita un ultime instant, n’arrivant pas à réaliser ce qu’il se passait. Puis, enfin, elle but. Elle retint un rire d’euphorie en sentant une puissance incroyable se répandre dans son corps. Un sourire béat s’étira sur son visage… et se transforma en rictus de douleur. Ses yeux la brûlaient, d’une douleur telle qu’elle se répandait dans le reste de son crâne. Elle émit un grognement sourd qui finit par se transformer en cri de souffrance. Elle se prit le visage entre les mains et se retint de s’arracher la peau pour essayer d’enlever cette douleur. Alors qu’elle pensait s’évanouir sous l’intensité de ses maux, ils disparurent soudainement.
     - Que…
     - Mon sang est assez puissant pour t’aider à guérir, il semblerait… Ouvre donc les yeux.
     Ahurie, Malvira redécouvrit sa faculté visuelle, bien que le monde qui l’entourait restait flou. Elle essaya de percevoir les différents objets à proximité… Aperçut une silhouette. Elle fronça les sourcils.
     - Qui…
     Au fur et à mesure que sa vue revenait, elle analysait la personne et la salle qui l’entourait, et son visage se décomposait. Pourquoi Massa était présente, elle qui n’avait jamais caché son animosité envers elle ? Surtout avec le regard triomphant qu’elle lui jetait… La peur s’insinua de nouveau dans son cœur quand elle comprit où elle était. Une pièce sombre et vide, sans doute une cave, faite de pierres noircies par le temps. Elle en était le centre, entourée de bougies… Assise dans un pentacle… La Comtesse reprit la coupe et sortit du cercle. Elle se plaça à côté de sa suivante, un sourire sarcastique aux lèvres.
     - Ma chère… Très chère Malvira… Tu as déjà une première mission. M’aider à ramener Von Essen parmi nous !
     L’instinct de survie la fit enfin réagir. Elle se releva, fit un pas.
    - Reste où tu es.
     Malvira sentit avec horreur son corps se stopper et refuser de lui obéir.
     - Je dois avouer que Salira n’aurait pas apprécié ce petit jeu… J’ai bien fait de faire ce rituel en son absence.
     - Dame, vous allez lui cacher ça ?
     - Non, évidemment. Mais son regard exaspéré sera la seule chose qu’elle pourra faire quand elle l’apprendra.
     - Qu’allez-vous faire de moi ?!
     - Oh, toi… Tu vas te sacrifier.
     - Pardon ?!
     - Ramener un esprit des limbes n’est pas chose aisé… Les limbes dévorent les âmes, elles en réclament constamment. Alors lui en soustraire une… Impensable. Le seul moyen possible est de faire un échange. Un échange équitable. Un vampire doit remplacer un vampire. Et quoi de mieux pour satisfaire les limbes qu’une âme offerte de ses propres mains ?
     - Je ne veux pas mourir !
     - Hélas… Ton corps en a décidé autrement… Tu auras tout le temps de réfléchir aux actes qui t’ont menée jusque là lorsque tu erreras dans les couloirs infinis des limbes. Ramasse la dague.
     Malvira assista, impuissante, à sa main ramassant la dague qui gisait au sol près d’elle. Elle gémit de terreur, statufiée, incapable de bouger.
     Pendant près d’une heure, elle vit la Comtesse effectuer chaque partie du rituel, accompagnée par Massa. Elle passa par la colère, la haine, l’angoisse, la tristesse… Le désespoir. Un air froid parcourut la pièce, comme si la mort avait été avertie de sa prochaine passagère. Et alors que ses yeux venaient de parfaire leur guérison, Arken se tourna une dernière fois vers elle, un sourire cruel au visage. Matmara, tout est de ta faute…
     - Plante la dague dans ton cœur.


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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Dim 18 Juin 2017 - 13:18




     Abrams avait pour le bal revêtu une armure d’apparat classique avant de se diriger dans la salle. À chaque collègue, camarade qui s’adressait à lui, il répondait toujours dans la bonne humeur et la joie. Ses retours par rapport à ses combats étaient humbles et il disait notamment des choses comme : "Ce combat fut très compliqué et mon adversaire m’a montré nombre de choses que j’ignore. Je pense qu’il faut que je m’améliore encore et toujours. De plus, ce n’est que grâce à la révélation de Wilhelm que j’ai obtenu la deuxième place. Je pense refaire un combat contre cet individu un jour ou l’autre en espérant l’égaliser ou le dépasser. Si vous voulez bien m’excuser". Abrams n’était pas un fin danseur aussi se mit-il sur le côté, regardant autour de lui ce qui se passait. Un moment, une jeune femme invitée s’approcha d'Abrams et timide demanda si elle pouvait danser avec lui. Il accepta de bonne grâce et l’accompagna sur la piste…

     Quelques temps après Abrams s’éloigna de la piste, laissant la jeune fille qui s’était déjà trouvé un autre cavalier. C’est alors qu’il l’aperçu dans l’ombre, discret. Le répurgateur Friedrich, âgé et taciturne qui observait d’un œil méfiant l’événement. Le costume de ce dernier était l’opposé de celui d'Abrams. Quand celui du plus jeune était clair et attirant, celui du plus âgé était sombre et discret. La capuche noire de Friedrich masquait le haut de son visage mais ses yeux restaient néanmoins visibles. Il avait gardé tout son attirail mais avait mis par-dessus une cape noire. Abrams se rapprocha de lui et remarqua que Friedrich s’était mis à regarder entre temps son collier. Friedrich le remarqua après que Abrams entendit "Encore quelques vies, une dizaine pour pardonner mes pêchés… J’espère que je vous retrouverai enfin mes amours" et ne vit un minuscule portrait de famille dans son médaillon.
     "Vous êtes bien le dénommé Friedrich Uhrmacher c’est cela ? - demanda Abrams
     - Oui. Friedrich, le regarda fixement avant de lâcher : Vous n’êtes pas une de ces créatures.
     - Vous parlez des vampires présents à ce tournoi ?
     - Exactement. Je l’aurai remarqué ou senti de toute façon. Ils doivent pulluler parmi nous. Je vous laisse, j’ai des affaires à régler.

     Abrams regarda la silhouette de Friedrich partir dans les ombres avant de disparaître. Il se dit intérieurement qu’il avait fait là une drôle de rencontre et que si la Dame le permettait, il voudrait bien passer un bout de chemin avec lui après le tournoi pour continuer à en apprendre toujours plus sur ce qui l’entourait, que ce soit en bien en mal, ou en maîtrise des armes et quoi de mieux que ce vétéran qui devait connaître bien des astuces ?
     Finalement, cet événement lui avait permis de rencontrer nombre de personnes intrigantes et il sourit avant de revenir vers le buffet pour manger tranquillement et danser de temps à autre.


***


   Dans la salle du bal, tous les prêtres d’Altdorf et leur retenue auraient pu débarquer devant lui —et ils le firent ?— qu’Albéric ne leur aurait porté aucune attention. Non, son regard était braqué sur la jeune vampiresse qui venait d’entrer.
   Jeanne… Combien de temps cela faisait-il qu’il ne l’avait pas vue en robe d’apparat ? À l’époque, le Roi Muet était encore de seigneur du château de Montrémy. C’était déjà si lointain… Et l’occasion ne se représenterait pas encore de sitôt. Aussi, il pria prestement ses admiratrices de le laisser se retirer un instant, et s’élança à la rencontre de la jeune bretonnienne.
   Cette dernière ne cacha pas sa surprise en le reconnaissant, et le regarda avec stupeur lorsqu’il la salua bien bas de sa plus belle révérence.
   « Noble et gente dame, vous me voyez fort aise d’avoir la surprise de vous voir en ce lieux, m’accorderiez-vous l’honneur d’une première danse ? »
   Mais, alors même qu’il prononçait ces mots, il vit une grande ombre se dessiner derrière la jeune femme. Dominant presque toute l’assemblée d’une bonne tête, Sérène le toisait de toute sa hauteur, toute l’intensité de son regard sévère dirigée contre le vampire.
   Albéric se retint d’avoir un mouvement de recul, lui qui connaissait le mystérieux épéiste à sa juste valeur. Il réussit si bien à maintenir sa contenance qu’il put regarder le grand homme droit dans les yeux et lui adresser un petit sourire.
   « Ne vous en faites pas, je ne vous la vole qu’un court instant. Vous nous accorderez bien un moment entre frère et sœur, n’est-ce pas ? »
   La dernière remarque était plus un trait d’humour qu’autre chose. L’un comme l’autre savaient qu’ils n’étaient que frère et sœur dans la non-vie et que ceci n’était que symbolique.
   Jeanne se retourna vers Sérène et planta ses grands yeux dans ceux de l’épéiste, qui se contenta de hausser les épaules devant Albéric et la jeune femme, et le vampire la prit doucement par la main pour l’emmener sur la piste de danse. Il fallut un moment pour que Jeanne détache son regard de son compagnon, et Sérène prit la direction du buffet, où s’entretenaient la plupart des invités bretonniens.
   Dès qu’ils furent au centre de la piste, assez éloignés de toute oreille indiscrète, Albéric lui adressa doucement la parole, en regardant l’épéiste qui s’éloignait.
   « J’espère qu’il ne m’en voudra pas pour lui avoir volé la première danse. » Mais il haussa les épaules. « Bah, au point au nous en sommes… C’est en tout cas une surprise de vous voir ici tous les deux… Je n’aurais jamais pensé que vous pourriez venir ici ! »
   Au regard du vampire qui se voulait désinvolte, Jeanne opposa une mine soucieuse :
   « Je te retourne la remarque ! As-tu aucune idée du danger que tu cours à t’afficher aussi publiquement ?
   — Ça n’a pas l’air de te déranger non plus de venir ici…
   — Mais je n’ai pas passé ces deux dernières semaines à combattre devant le peuple d’Altdorf pour me rendre aussi impopulaire que possible à ses yeux ! » Le chuchotement de la jeune femme s’était fait plus pressant. Mais Albéric ne fit que sourire :
   « Ils n’ont pas réussi à me… reconnaître… pendant les combats, alors ils n’y arriveront sûrement pas à un bal, loin des arènes. »
   Jeanne baissa la tête, admettant sa défaite, mais ses mains gantées de velours vinrent serrer doucement celles du vampire.
   « Je sais, mais je ne peux m’empêcher de craindre le pire… Je suis incapable de te sentir en sécurité tant que tu seras dans l’enceinte de la ville.
   — Allons, je ne vaux pas assez pour que tu aies à te soucier de moi. Mais si cela peut te rassurer, j’ai à faire en ville après le bal, mais dès que j’en ai fini avec cette affaire, je quitte Altdorf pour de bon. »
   Mais la jeune femme secoua la tête.
   « Et partir sans adieux ? Pour se retrouver par hasard près de dix ans après comme nous l’avons fait ici ? Pas question ! Sérène et moi comptons quitter la ville demain matin, vu que nous n’y étions que pour assister au tournoi. Retrouve-nous au Bon Endroit, à quelques rues d’ici, dans le district d’à côté, nous pourrons peut-être faire un bout de chemin ensemble. »
   Le sourire du vampire se fit doux-amer, et son regard se perdit dans le visage de la jeune dame, qui le regardait de ses grands yeux. Jeanne… Il aurait volontiers accepté, mais il ne pouvait rester avec eux sans leur attirer trop d’ennuis. Demain matin, il partirait seul, telle était sa décision. Albéric serra la vampiresse près de lui :
   « Profitons simplement de ce moment ensemble. » dit-il doucement. Lentement, ils continuaient de danser, la main dans la main.

   Loin de la piste et de sa douce musique, Sérène patientait à côté du buffet bretonnien. Là, l’atmosphère était beaucoup plus animée : visiblement bien avinés, quelques nobles chevaliers, dont le duc de Castagne et le Baron de Joli Tonneau, se contaient des aventures fantastiques avec moults grands gestes.
   Au bout d’un moment, Dangorn remarqua le grand homme qui le fixait intensément. Fronçant les sourcils, le noble bretonnien lui adressa la parole.
   « Dites-moi mon brave, ne nous connaîtrions poinct ? Je vous avouerai que je n’ai aucune souvenance de votre visage… »
   Mais l’épéiste se contenta de répondre par la négative, et Dangorn replongea dans sa discussion animée sans s’enquérir davantage, le regard circonspect de Sérène toujours sur lui et ses compagnons.

   Le doux morceau bretonnien prit bientôt fin, et l’orchestre reprit sur une musique impériale plus énergique. Sur la piste, Albéric lâcha la main de sa cavalière, avant de s’incliner à nouveau bien bas devant elle.
   « C’était un plaisir de danser avec vous, gente dame, mais je pense qu’il est temps pour moi de vous laisser rejoindre votre compagnon. »
   Jeanne hocha la tête doucement, et le vampire répondit à son salut, avant de s’en retourner vers les jeunes dames qui l’attendaient toujours en bord de piste, scrutant la scène avec insistance.
   La jeune vampiresse leva la main pour le retenir, mais elle s’arrêta dans son geste, et lui adressa simplement la parole d’une fois forte.
   « N’oublie pas ! Le Bon Endroit, demain ! »
   Albéric s’arrêta un moment, puis, au lieu de répondre se retourna et s’inclina à nouveau bien bas, avant de reprendre son chemin. Jeanne secoua la tête, et s’en alla retrouver Sérène.
   Les heures passèrent rapidement, la nuit prenant son emprise peu à peu sur la cité.

   Du coin de l’œil, Albéric observait les deux jeunes gens, la vampiresse et son compagnon, un peu plus loin sur la piste.
   Depuis qu’il avait laissé Jeanne après leur danse, ce n’était plus pareil. Il avait bien rassuré ses admiratrices qui l’avaient assailli de question sur la mystérieuse jeune femme pour laquelle il les avait délaissées —c’était sa sœur, et ils ne s’étaient pas vu depuis longtemps—  mais il ne prenait plus plaisir à jouer avec elles. Maintenant qu’il avait dansé avec la jeune vampiresse, ces cavalières humaines étaient bien pâles en comparaison.
   Au final, le bal avait tout perdu de son intérêt.

   Lorsque l’heure se fit bien avancée, la nuit étant tombée depuis longtemps sur Altdorf, Jeanne et Sérène prirent leur départ, et Albéric se força à rester encore un peu avant s’éclipser à son tour. Ses soupirantes avaient bien tenté de le retenir, mais il avait fort à faire le lendemain matin : qu’elles n’aient craintes, il les reverrait toutes bientôt. Le mensonge avait été facile à dire, mais les jeunes dames le crurent encore plus facilement, et le quittèrent en le pressant de les revoir au plus vite, appels que le vampire ignora.
   Une fois à l’air libre, Albéric inspira profondément, contemplant les étoiles au-dessus de lui. Fini le bal et les jeux frivoles, fini le doux moment de tendresse. Maintenant, il fallait chasser.


***


     Jacques profitait pleinement du bal : pour une fois il était un invité ! Habituellement il était au mieux le garde du corps de son seigneur. C’est donc avec un sourire aux lèvres qu’il profitait des mets exquis. Il hésitait toutefois à se joindre aux danseurs, car vu que c’était la première fois qu’il participait vraiment à un bal, il ne connaissait pas bien les pas de danse sophistiqués utilisés par les nobles et les bourgeois. Jacques avait revêtu un bel habit de cour Bretonnien, ce qui lui permettait de se fondre parmi les convives, la dernière chose dont il avait besoin s’était de se rendre ridicule en révélant ses lacunes en danse.

     Le limier observa les invités. La plupart avaient de beaux habits de cour ou de magnifiques robes de bal. Les gardes du corps de l’empereur et les officiers de la Reiksguard invités pour l'occasion portaient des armures d’apparat qui se révélèrent fort peu pratique pour danser. Les chevaliers Bretonniens portaient en général de beaux habits, mais l’on devinait aux plis que la plupart portaient en dessous une cotte de mailles. Il y avait même un vieux chevalier du Graal qui s’était contenté de juste mettre un tabard sur sa cotte de mailles. C’était une très vieille habitude Bretonnienne qui remontait au tristement célèbre banquet de Mérovée. Depuis lors, les seigneurs Bretonniens avaient juré de ne plus être pris au dépourvu, et ils portaient toujours une cotte de mailles et une paire de dagues lors des bals et des banquets.

     Jacques chercha des yeux son seigneur, le trouvant sans surprise avec d’autres chevaliers Bretonniens à boire du vin. Le baron de Joli-Tonneau goûtait tous les vins que l’on voulait bien lui présenter. Il était, avec d’autres de ses compatriotes, en train d’effectuer un classement appréciatif des vins qu’il goûtait drunken . Ils n’avaient évidemment pas de papiers et ils étaient en train d’écrire leur classement directement sur la nappe. Le forestier se demande si le baron arriverait à tenir jusqu’à la fin de la soirée a ce rythme... scratch


***

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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Lun 19 Juin 2017 - 14:13





     Un rat gris regardait avec envie une petite cordelette posée sur le sol dans une ruelle sombre, où quelques instants plus tôt, un assassin, deux chevaliers et un mage avaient traqué un pauvre homme innocent. Le rat aurait bien aimé ronger la cordelette, parce que… hé bien, parce que c'est ce que font les rongeurs, pas vrai ?
     Comme il reniflait la cordelette afin de vérifier l'absence de poison, il sursauta en poussant un "skouuuuiiiiiiic !" indigné. Le chanvre s'était consumé, brûlant au passage les moustaches du pauvre rat gris.

***

     Sire Robin était heureux. La soirée était somptueuse, et les invités d'agréable compagnie. Avant de venir, il avait passé quelques heures à parcourir la ville pour acheter de la poudre, du carton, de fines baguettes de bois et d'autres articles du genre. Il s'était ensuite enfermé dans sa chambre d'auberge, et avait commencé à confectionner des fusées. Il avait promis un feu d'artifice, il ferait un feu d'artifice !
     A présent, il était assis au milieu des autres bretonniens, goûtant du bon vin et se remémorant sa vie dans le duché de Couronne, avant qu'il ne s'établisse en Albion. Il attendait avec impatience la fin de la soirée, car c'était à ce moment que son spectacle pyrotechnique était prévu.


***
***
***


     "Qu'y a-t-il Martin? Tu me sembles tourmenté." s'enquit Dangorn, en voyant son écuyer lire une lettre qu'il venait de recevoir.

     "Une sombre affaire messire Dangorn, je ne sais qu'en penser." répondit Martin en lui tendant la lettre pour qu'il la lise à son tour.

     Dangorn lut lentement, ânonnant presque. Il avait bien appris à lire étant jeune mais, contrairement à Martin, il ne s'était pas entraîné souvent.

     "Par les culottes de la Dame du Lac, une femme portant pantalons, c'est assurément une sorcière !"

     "Hmm vous oubliez que Sigmaris, de la confrérie des mercenaires du Reikland, ne porte presque que des pantalons. Et l'elfe Alana également."

     "Parbleu tu as raison, mais alors que pouvons-nous faire si nous ne sommes pas sûrs que c'est une sorcière ?"

     "Ce n'est point une sorcière mais une vampire !"

     "Une VAMPIRE ? C'était donc cela le mot que je n'arrivais pas à lire ! S'il y a un vampire céans, nous devons l'occire !"

     "Messire Dangorn... c'est justement ce que dit cette lettre, il y a de nombreux vampires autour de cette lice. Et c'est l'un d'eux qui nous commande de surveiller une auberge où se trouve cette dame, et d'agir lorsqu'Albéric - qui est aussi un vampire - viendra la secourir."

     "Je n'aime guère cela. Qui nous dit que ces créatures de la nuit ne nous tendent point un piège?"

     "Je le soupçonne également. Mais pour le savoir, messire Dangorn, il n'y a qu'une seule manière. Nous devons y aller."

     "Cette tâche requiert de la discrétion et tu es plus habile que moi dans ce domaine. Je ferai donc mine de rester à l'écart de ce complot, mais je garderai un œil vigilant sur les vampires qui participent à ce tournoy, y compris De la Motte d'Artois et ce triste sire d'Orsicvun et si je vois l'un ou l'autre accourir vers l'auberge, je le suivrai."


***

     Loin du bal et de son ambiance festive, dans un des nombreux jardins publics de la capitale impériale, Silvère de Castagne contemplait dans un étang à l'eau cristalline le reflet du ciel étoilé. Le chevalier avait fui les mondanités de cette célébration de fin de tournoi. Il avait réussi à échapper à l'invitation pressante de son cousin Dangorn et de ses inséparables compagnons les Barons de Joli-Tonneau et de Vigne-Bleue, prétextant un besoin de repos après le dur combat mené contre Wilhelm Kruger.

     Bien qu'ayant été battu par le vampire, cet affrontement avait eu le mérite de le remettre d'aplomb. Il s'était remis de ses doutes et voyait les choses sous un angle nouveau : il devait poursuivre son combat contre les créatures maléfiques et les bêtes monstrueuses qui se tapissaient dans l'ombre. Tel était son devoir. C'était ensuite à lui de mériter la bénédiction de la Dame par ses actes et sa vertu.

     Adressant une prière muette à sa divinité, le chevalier du Graal appréciait le calme du lieu qui contribuait à son harmonie intérieure. Mais il était maintenant temps de se remettre en route. Le tournoi terminé et l'affaire de la charrette résolue, il ne restait plus de raison de s'attarder à Altdorf... cependant il sentait en son for intérieur que tout n'était pas définitivement clos. Une question restait en suspend concernant les vampires qui avait infiltré le tournoi et sur les objectifs que cela pouvait induire. Objectifs qui ne devaient pas être à l'avantage des impériaux ou des bretonniens, Silvère n'en doutait point.

     Alors qu'il sortait du jardin et prenait la direction de la commanderie de la Reiksguard, Silvère remarqua qu'un coursier de la poste se précipitait vers lui haletant.

     "Excusez-moi, Messire bretonnien – demanda l'homme essoufflé – Êtes-vous bien Silvère de Castagne ?"

     "C'est bien moi, pour vous servir, Que puis-je pour vous ?"

     "J'ai pour vous une missive de la plus haute importance, Messire – annonça le messager qui tendit le courrier mentionné au Chevalier du Graal – Vous n'êtes pas la course la plus simple que j'ai eu à réaliser."

     "Merci bien mon brave. Vous vous êtes acquitté de votre mission, Vous méritez une juste rétribution pour vos efforts" – répondit Silvère en tendant une pièce au coursier.

     "Mon Seigneur est bon" - remercia le messager qui prit ensuite congé du chevalier.

     Fort curieux de savoir qui donc lui écrivait et à quel sujet, Silvère s'empressa d'ouvrir la lettre. La lecture de son contenu le fit blêmir.







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MessageSujet: Re: Combats et intrigues du Grand Tournoi de la Reiksguard   Lun 19 Juin 2017 - 14:30


     Mesdames, Messieurs,

     Je conçois que la confiance que vous mettez en moi et en mes dires ne saurait être totale. Après tout ne suis-je pas une de ces détestables créatures de la nuit, cherchant par tous les moyens à nuire aux mortels ? Mais vous devez aussi savoir que nous autres vampires ne sommes pas unis autour d’une même cause, bien au contraire. Aussi j’espère que vous accorderez quelque crédit à cette lettre, car elle n’a pour but avoué que de nuire à mes « confrères dans la mort » (si je peux m’autoriser cette expression imagée, n’éprouvant pas le moindre sentiment fraternel à leur égard).

     Afin de vous féliciter d’être arrivés à me démasquer, et en contrepartie pour ne pas avoir réussi à m’attraper, je vous propose donc cette petite compensation. Comme vous l’avez certainement deviné, pas mal d’entre nous se sont introduit au tournoi, et si certains ont été découverts d’autres sont encore dissimulés. Mais leur identité m’est connue, pour chacun et chacune d’entre eux. Voici donc la première partie de mon cadeau : Albéric Sérignac de la Motte d’Artois est un vampire.

     Vous allez me dire qu’il ne fallait pas être grand clerc pour le deviner, mais vous n’avez pas de preuve irréfutable (du moins à l’heure où j’écris ces lignes). Toutefois, vous avez également remarqué qu’il s’agit d’un combattant hors pair, et le confronter directement mènera certainement à une tragédie. Mais comme je le dis plus haut ce nom n’était que l’une des parties de mon cadeau.

     De fait, Albéric est très lié à un autre vampire présent en ville et dont vous n’avez aucune connaissance. À l’auberge « Au Bon Endroit », dans la première chambre à droite au troisième étage logent un couple se faisant appeler Jeanne et Sérène. Si le jeune homme est un simple humain, la femme elle est une vampire. Elle est très belle, a l’apparence d’une jeune femme aux traits fins et aux longs cheveux, et porte toujours des pantalons. Et comme je l’ai dit, tous deux semblent très liés à Albéric.

     Je suis pour ma part dans le collimateur de ce fougueux vampire. Il est bien plus malin qu’on pourrait le croire, et finira très certainement par me débusquer. À ce moment-là, je compte lui révéler vous avoir envoyé la position de ses amis, l’informant que s’il ne se dépêche pas vous les prendrez par surprise pour les brûler séance tenante. Pendant les prochaines heures, vous n’aurez qu’à surveiller l’établissement avec toute la discrétion dont vous êtes capables, et si tout se passe comme je l’imagine Albéric arrivera à un moment ou à un autre de la soirée, courant
ventre à terre pour sauver ses amis. Vous n’aurez qu’à les cueillir tous les trois, je vous fais confiance quant aux moyens utilisés, je vous sais plus expert que moi sur le sujet.

     Je me permets de réitérer l’expression de mes intentions, car elles sont on ne peut plus claires : nuire à Albéric Sérignac et quitter la ville, rien de plus. Jouer cartes sur tables est ma seule option dans la situation présente, et je vous fais cette proposition qui est dans votre intérêt. Si vous ignorez mes informations, ma foi vous permettrez à Albéric Sérignac et à Jeanne de partir en toute impunité. Et vous ne me trouverez jamais, je peux vous l’assurer. Si vous les prenez en considération, eh bien ce sera une situation gagnant-gagnant pour nous tous.

     Ne cherchez pas à trouver des informations sur mon emplacement dans cette lettre, ce serait peine perdue. Elle a été écrite par un mortel sous ma dicté, et comme vous pouvez le voir sur l’envers le papier est issu de l’administration du reiksfort, que j’ai subtilisé dans mes premières heures ici.

     En vous souhaitant une bonne chasse, je reste éternellement votre dévoué,

     Bien à vous,

     Helmut Van Orsicvun




     Si ce n’était pas une pièce à conviction, Mathias Thulmann aurait brûlé la lettre sur le champ.
     Dans l’hospice où il venait de se réveiller, l’on n’entendait que les ronflements des dormeurs et quelques murmures indistincts. La lettre que Mathias venait de lire, il l’avait trouvée à son chevet. Helmut van Orsicvun, ou l’un de ses sbires, avaient été à son chevet…
     Il existe des rages muettes qui sont plus terribles que n’importe quelle crise. Mathias, dont l’être tout entier s’était mis à émettre une faible lueur dorée, retrouva sans peine ses vêtements dans la pénombre, ignorant les douleurs de ses blessures. Il se souvint de l’explosion : on avait attenté à sa vie ! Mais Sigmar l’avait préservé pour venir à bout des hérétiques, et par le sang des impurs, il n’allait pas le décevoir.

     Le bal avait touché à sa fin, et les époux Boisserands s’étaient retirés dans leur chambre d’hôtes. Une fois la porte refermée, ils échangèrent un doux baiser. Roland se délesta de sa cotte de mailles. Puis, son regard tomba sur un fauteuil, au beau milieu de la chambre. Sur le fauteuil, un papier, visiblement mis en évidence par le meuble déplacé.
     « Roland ? »
     Eléonore vit son mari ramasser quelque chose sur… un fauteuil ? Elle se rapprocha, le vit en pleine concentration, non, non, c’était de la colère, de la colère qui allait être terrible…
     « JE LE SAVAIS ! »
     Il ignora son épouse, il ignora tout, à part la nécessité de s’armer de pied en cap, sur le champ. Il enfila sa cotte, ses gantelets, ses brassards, ses jambières. Il fut surpris de voir Eléonore lui tendre son camail. Il prit la coiffe, vit son épouse s’affairer elle-même à retrouver ses atours guerriers, son espadon.
     Toute leur préparation se déroula ainsi sans un mot, mais avant qu’ils quittent leur chambre, Roland l’embrassa à nouveau.

     Gai comme un pinson après avoir illuminé la fin du grand bal, Robin Osbourne trouva la lettre au fond d’une boite de feux d’artifices. Comment ce Helmut pouvait-il prévoir qu’il la viderait ce soir ? Etrange…

     Le baron de Joli-Tonneau, après avoir profité des spectacles pyrotechniques du palais, s’était mis en route vers l’auberge bretonnienne avec son ami, le baron de Vigne Bleue. Jacques le limier et qui veillait à ce que des filous ne viennent pas faire les poches à ces deux seigneurs éméchés, repensait avec plaisir à la belle soirée qu’il venait de vivre.
     Arrivés à l’auberge, ce fut à lui, le plus sobre des trois, que s’adressa le tenancier pour leur remettre « un curieux papelard ».

     Le destin voulut que le sire Abrams fût sur le chemin vers une chapelle du Graal. Il avait pleinement profité des festivités, et n’aspirait à présent qu’au recueillement et à la prière. Grande fut sa surprise lorsqu’il vit deux autres chevaliers plantés à l’entrée : Léonard de Rouergue et la demoiselle Aliénor. Celle-ci semblait lui lire quelque chose à voix haute…

     Lorsqu’un enfant de chœur lui remit la terrible missive, Friedrich Uhrmann se demanda s’il ne devait pas executer l’enfant sur le champ, pour son propre bien. Tout contact avec un hérétique pouvait être fatal, et receler une contamination incurable. Mais le temps pressait, il fallait d’abord s’occuper de la menace évidente, et ensuite questionner l’autre, latente. Le répurgateur pria Sigmar de lui accorder sa volonté, mais dans sa tête résonna un étrange bourdonnement ressemblant à des rires étouffés.

     Dans les rues d’Altdorf, les derniers ivrognes pouvaient voir à travers les brumes de l’alcool un curieux duo avancer péniblement : un type grand en faisait avancer un autre, plus petit et plus enveloppé, et le plus petit était ligoté et baillonné, mais il portait un grand chapeau et un manteau. Ce qu’il ne fallait pas voir quand on a bu…




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